La France doit rester un « grand pays du spatial », affirme Emmanuel Macron

AMBITIONS Le plan de relance va consacrer 500 millions d’euros à l’industrie spatiale pour « accélérer les projets » en cours

20 Minutes avec AFP

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Emmanuel Macron, le 12 janvier 2021 à Vernon, sur le site d'ArianeGroup.
Emmanuel Macron, le 12 janvier 2021 à Vernon, sur le site d'ArianeGroup. — Jacques Witt/SIPA

« La France doit continuer à être un grand pays du spatial », a déclaré Emmanuel Macron en visitant ce mardi le site d’ArianeGroup à Vernon (Eure), où seront investis 30 millions d’euros, notamment pour développer le nouveau moteur de la fusée.

« Quand il y a plus de concurrence, nous devons mieux nous organiser, innover davantage », a affirmé le chef de l’Etat en faisant allusion à « l’accélération » de la concurrence américaine, avec notamment SpaceX, et asiatique dans l’industrie spatiale. La société du milliardaire Elon Musk a déjà recours à des fusées réutilisables quand l’Europe a reporté à 2022 le premier vol de sa nouvelle fusée Ariane 6 et s’interroge sur les technologies à mettre en œuvre pour la génération suivante de lanceur.

500 millions pour le spatial

Dans ce contexte, Emmanuel Macron a rappelé que le plan de relance, annoncé en septembre pour faire face aux conséquences de la crise du Covid-19, allait consacrer 500 millions d’euros à cette industrie pour « accélérer les projets » en cours « pour les deux années qui viennent ».

« La France croit à cette aventure, à cette filière d’excellence d’aujourd’hui et de demain » mais il faut « aller plus vite dans cette compétition mondiale », a-t-il insisté aux côtés des ministres Bruno Le Maire (Economie) et Sébastien Lecornu (Outre-Mer), ex-maire de Vernon et ex-président du conseil départemental de l’Eure. L’industrie spatiale « a eu des moments difficiles » et « à chaque fois, elle a relevé les défis en étant plus innovante et en accélérant », selon lui.

Un moteur réutilisable et dix fois moins cher

Il a précisé que sur les 30 millions d’euros qui seront investis sur le site de Vernon, 15 seront consacrés au projet de moteur de nouvelle génération Prometheus afin de « gagner un an » dans sa mise au point.

Avec Prometheus, Arianegroup vise à développer pour l’Agence spatiale européenne (ESA) un démonstrateur de moteur de fusée à bas coût et potentiellement réutilisable. Ce moteur, dont le coût doit être dix fois inférieur au moteur d’une Ariane 6, notamment grâce à la fabrication additive (fabrication 3D), pourrait être à terme utilisé pour les évolutions futures de la fusée Ariane. Les 15 autres millions d’euros seront consacrés au développement de la propulsion à l’hydrogène, sur laquelle travaille le site de l’Eure.

Le groupe aérospatial, qui utilise déjà de l’hydrogène pour la propulsion des lanceurs Ariane, vient de conclure un partenariat avec l’énergéticien Engie pour produire de l’hydrogène liquide d’origine renouvelable à destination du transport maritime.