Ariane 6 : Le tir inaugural de la fusée reporté au deuxième trimestre 2022

ESPACE Le tir avait déjà été repoussé une première fois à la deuxième moitié de l’année 2021

20 Minutes avec agences
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Représentation de la future Ariane 6.
Représentation de la future Ariane 6. — David Ducros/AP/SIPA

Le tir inaugural de la fusée Ariane 6 est reporté au deuxième trimestre 2022. En cause, des difficultés techniques aggravées par les conséquences de la crise du Covid-19, a annoncé jeudi l’Agence spatiale européenne (ESA). Ce vol avait déjà été repoussé une première fois à la deuxième moitié de 2021.

La décision a été prise à l’issue d’un Conseil de l’agence, tenu mercredi et jeudi, qui a aussi entériné un lancement inaugural du petit lanceur Vega-C en juin 2021, a précisé le directeur du transport spatial européen de l’ESA, Daniel Neuenschwander.

Des défis techniques à surmonter

Le responsable a expliqué que « le chemin vers les vols inauguraux des deux lanceurs doit surmonter des défis techniques, dans un contexte de productivité réduite » à cause de la pandémie. Il a cité en exemple deux parties du programme. Côté lanceur, des difficultés techniques ont été recensées dans le développement de l’unité de puissance auxiliaire (APU), un petit réacteur multi-rôle qui sera « embarqué pour la première fois dans le lanceur » et qui doit permettre de « pénétrer le marché des constellations de satellites ».

Autre exemple, avec le développement du nouveau bras cryogénique qui reliera le lanceur à la tour de lancement, à Kourou (Guyane), jusqu’aux derniers instants avant le décollage. « Nous avons des difficultés techniques et la situation a été encore dégradée par le Covid-19 », a dit Daniel Neuenschwander.

Période tendue pour l’industrie spatiale

A Kourou, le chantier du pas de tir EL-4 a aussi été interrompu par les mesures sanitaires avant de repartir plus lentement. « Nous sommes encore aujourd’hui à la moitié de l’effectif de départ » qui était de 600 personnes, selon le responsable. La pandémie a aussi eu des conséquences chez les industriels en Europe, « avec un impact sur des étapes clé du programme ».

Selon Daniel Neuenschwander, « l’industrie va entrer dans une période très tendue en 2021-2022 ». Notamment parce que la production d’Ariane 5 arrive à sa fin et que celle d’Ariane 6 va démarrer plus lentement que prévu. « Au point où cela impacte l’industrie à un moment où le marché est très tendu, avec une compétition féroce », a-t-il expliqué. L’ESA va ainsi demander une rallonge de 230 millions d’euros aux pays participants, qu’elle « espère obtenir dans les prochains mois ».