Egypte antique : L’encre utilisée sur les papyrus dévoile ses secrets

ANTIQUITE Des chercheurs ont notamment découvert du plomb dans des encres noires et rouges

20 Minutes avec agence

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Des papyrus exposés au Musée égyptien de Turin.
Des papyrus exposés au Musée égyptien de Turin. — Antonio Calanni/AP/SIPA

Des chercheurs ont mis au jour la présence de plomb dans les encres noires et rouges utilisées sur des papyrus de l’Egypte antique. Les spécialistes ont découvert que la composition des pigments était bien plus complexe qu’ils ne l’imaginaient. Les substances contiennent aussi des ions de phosphate, de sulfate, de chlorure et de carboxylate, indique une étude publiée ce lundi et relayée par Sciences & Avenir.

Les auteurs ont détaillé leurs conclusions dans PNAS. Ils ont expliqué avoir étudié 12 morceaux de papyrus retrouvés dans la bibliothèque du temple de Tebtynis (Egypte). Les documents ont été rédigés entre 100 et 200 après J.-C. et sont de natures diverses. Certains textes sont médicaux quand d’autres traitent de l’astrologie ou des rituels.

Accélérer le séchage

Pour leurs travaux, les chercheurs de l’Université de Copenhague (Danemark) et de l’European Synchrotron Radiation Facility (ESRF) de Grenoble ont fait appel à la diffraction et la fluorescence. Il s’agit de techniques rendues possibles par l’utilisation de micro-rayons X. La spectroscopie micro-infrarouge leur a également permis d’analyser la composition d’échantillons microscopiques d’encre.

Ces méthodes ont montré que le plomb utilisé pour fabriquer les encres rouges et noires ne s’y trouvait pas à l’état de blanc de plomb ni de minium, explique Sciences et Avenir. Ces formes de plomb étaient pourtant très répandues dans les pigments de l’Antiquité. Les scientifiques en ont déduit que le métal n’était pas utilisé pour colorer le liquide mais pour augmenter sa vitesse de séchage. Cette utilisation précise du plomb n’était jusque-là connue qu’à partir du XVe siècle. Les artistes y avaient alors recours pour leurs peintures à l’huile.