De la poussière lunaire transformée en oxygène, un pas de plus pour l’homme dans l’Espace

ROXY Airbus Défence & Space a mis au point un procédé pour extraire de l’oxygène et des métaux du régolithe, la poussière lunaire

B.C.

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Une vue d'artiste du projet Roxy, qui doit permettre de transformer la poussière lunaire en oxygène.
Une vue d'artiste du projet Roxy, qui doit permettre de transformer la poussière lunaire en oxygène. — Airbus D&S.
  • De nombreux projets pour retourner sur la Lune sont lancés au niveau international.
  • Pour installer une base lunaire, les scientifiques réfléchissent à la meilleure manière d’utiliser la matière première présente sur place : le régolithe.
  • Airbus Défence & Space et des scientifiques internationaux ont mis au point ROXY, un procédé qui permet d’en extraire de l’oxygène et des métaux.

Comment produire de l’oxygène pour les futurs astronautes qui iront sur la Lune ? Alors que la Nasa vient d’annoncer que sur notre satellite naturel l’eau y était plus abondante et accessible qu’on ne le pensait, Airbus Defence and Space assure avoir fait un grand pas pour l’exploration spatiale habitée.

A la tête d’une équipe internationale de scientifiques de Dresde, de Boston et Séville, ses ingénieurs spatiaux ont réussi à démontrer la production d’oxygène et de métaux à partir de poussière lunaire simulée en laboratoire.

Depuis deux ans, tous ces chercheurs planchent sur le meilleur moyen de tirer le meilleur du régolithe, disponible en quantité sur la Lune, et qui contient 40 à 45 % d’oxygène. Alors que certains réfléchissent à l’utiliser comme matière première pour construire des bâtiments, grâce à l’invention d’Airbus baptisée ROXY (Regolith to OXYgen and Metals Conversion), de l’oxygène a pu en être extrait.

De quoi susciter de grands espoirs et rend l’idée de longs séjours sur le sol lunaire encore plus envisageables. « Cette prouesse est un grand pas en avant, qui nous rapproche du Graal : la présence durable sur la Lune », a indiqué Jean-Marc Nasr, directeur d’Airbus Space Systems dans un communiqué.

Application sur Terre aussi

Cette petite installation a été conçue pour être compacte et donc facilement transportable sur la Lune. Selon Airbus, elle ne « nécessite pas de matériaux ou de consommables supplémentaires provenant de la Terre – à l’exception du réacteur ROXY lui-même ». Au-delà de l’oxygène, ce système doit permettre de faire d’autres produits « made in moon » comme des métaux, certains alliages et, combiné à la glace présente sur la Lune, « du carburant pour fusée à partir de la poudre métallique ROXY ».

Mais loin de se contenter d’avoir les yeux rivés vers l’Espace, l’entreprise aérospatiale a aussi les pieds rivés sur Terre. Grâce à sa technologie, ROXY pourrait permettre de réduire les émissions de gaz à effet de serre issues de la production de métaux. Aujourd’hui, la production d’acier représente environ 5 % des émissions totales de CO2 dans le monde, dues à des procédés émettant des perfluorocarbures (PFC).

« Comme ROXY est essentiellement un procédé sans émission, ces impacts environnementaux pourraient être réduits, ce qui contribuerait de manière significative aux objectifs de durabilité des Nations Unies – un autre exemple de la manière dont les technologies spatiales peuvent améliorer la vie sur Terre », conclut Airbus.