Nasa : La sonde Osiris-Rex se prépare à atterrir sur l’astéroïde Bennu pour en prélever un échantillon

ESPACE L’échantillon prélevé lors de ce contact furtif doit ensuite être ramené sur Terre pour être analysé

L.Br. avec AFP

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La manœuvre s'annonce délicate pour la sonde.
La manœuvre s'annonce délicate pour la sonde. — Handout / NASA/Goddard/Arizona State University / AFP

Elle a quitté la Terre en 2016. Après quatre ans de voyage et d’observation, la sonde américaine Osiris-Rex doit descendre ce mardi sur la surface de l’astéroïde Bennu pour prélever des échantillons de son sol et les rapporter sur Terre. Avec l’espoir que ces découvertes pourront nous éclairer sur la formation du système solaire.

L’astéroïde a été soigneusement choisi pour cette mission. Bennu mesure 490 mètres de diamètre et sa surface était supposée être couverte de sable « comme une plage », comme le pensaient les scientifiques sur la base d’observations par télescopes, a raconté lors d’une conférence téléphonique Dante Lauretta, de l’université de l’Arizona, responsable scientifique de la mission. Une telle surface aurait garanti une opération d’échantillonnage sans grand danger.

Un contact de quelques secondes

Mais en arrivant près du caillou fin 2018, les images ont montré qu’il était en réalité couvert de rochers. « La surface est rugueuse, accidentée, rocheuse », a décrit le scientifique. L’équipe a passé l’année 2019 à cartographier minutieusement la surface pour sélectionner le site de prélèvement qui semble le plus sûr : le cratère de Nightingale.

Ce mardi, la sonde doit se rapprocher doucement de Bennu, puis déployer un bras de prélèvement et viser une zone de huit mètres de diamètre, relativement plane, large comme quatre places de parking. « Des années de préparation et de dur labeur par cette équipe vont se résumer à ce contact avec le sol pendant cinq à dix secondes », a résumé Mike Moreau, chef de projet adjoint à la Nasa.

Pour une poignée de gravats

En touchant le sol, le robot va souffler de l’azote, ce qui fera voler des grains qui seront ensuite récupérés par le bras d’Osiris-Rex. Le but est de collecter au moins 60 grammes. Selon Mike Moreau, il y a jusqu’à 30 % de risque que le bras ne récupère pas assez de matériaux, par exemple si le contact a lieu sur une grosse pierre au lieu de grains plus fins. A plus de 320 millions de kilomètres de distance, les ingénieurs ne peuvent garantir une précision absolue. Si cette tentative n’est pas concluante, une seconde pourrait avoir lieu en janvier dans un autre cratère.

En mars 2021, Osiris-Rex commencera son long voyage de retour vers la Terre. Elle finira par relâcher le container contenant les échantillons pour un atterrissage dans le désert de l’Utah, ralenti par un parachute, le 24 septembre 2023. Avant cela, les Terriens se préparent à analyser les échantillons d’un autre astéroïde, Ryugu, auquel a rendu visite la sonde japonaise Hayabusa 2 l’an dernier. Le retour sur Terre de ces poussières-là est prévu le 6 décembre prochain.