Ramener sur Terre des échantillons de Mars, c’est le défi d’Airbus pour les dix ans à venir

ESPACE Airbus vient d’être chargé par l’Agence spatiale européenne de concevoir la sonde ERO, qui capturera, en orbite autour de Mars, des échantillons de sol martien lancés depuis la planète rouge pour les ramener sur Terre

Béatrice Colin

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ERO, - le tout premier vaisseau spatial qui ramenera des échantillons sur Terre depuis Mars mis au point par Airbus pour le compte de la Nasa.
ERO, - le tout premier vaisseau spatial qui ramenera des échantillons sur Terre depuis Mars mis au point par Airbus pour le compte de la Nasa. — Airbus
  • D’ici 2031, des roches martiennes devraient être ramenées sur la Terre.
  • Dans le cadre de cette mission, fruit d’un partenariat avec la Nasa, l’Agence spatiale européenne vient de signer avec Airbus un marché de 491 millions d’euros.
  • L’entreprise spatiale européenne va développer à Toulouse la sonde qui récupérera en orbite les échantillons de roche martienne pour les ramener sur Terre.

Les astronautes qui ont eu la chance de marcher sur la Lune ne sont pas revenus les mains vides. Dans leurs bagages ils ont ramené 382 kg de roche lunaire, de quoi donner du travail aux scientifiques. Ces dernières années, c’est vers Mars que la plupart des yeux ont été tournés. Mais si Curiosity dégomme à tout-va la roche de la planète rouge et l’analyse à distance, les précieux morceaux n’ont jamais été ramenés ici bas.

Seuls quelques-uns ont été récupérés lors de collisions avec des météorites, moment où ils s’arrachent et s’éjectent du sol martien. L’Agence spatiale européenne a décidé de ne plus attendre qu’ils tombent du ciel et d’aller directement les chercher sur place, et surtout de les ramener.

Campagne baptisée Mars Sample Return

Et pour y parvenir, elle vient de signer un méga contrat de 491 millions d’euros avec Airbus Space dans le cadre de la campagne internationale de retour d’échantillons de Mars baptisée Mars Sample Return, en association avec la Nasa.

L’entreprise européenne est chargée de développer l’astromobile qui ramassera les échantillons prélevés sur Mars par le rover Persévérance, parti cet été, mais aussi la sonde ERO - Earth Return Orbiter - qui rapportera les fameux échantillons sur Terre en 2031 après les avoir récupérés en orbite.

Départ en 2026

En 2026, le vaisseau spatial de six tonnes et de six mètres de haut décollera à bord d’Ariane 6, avant de se mettre en orbite de Mars un an plus tard. Dans six ans, un autre engin spatial décollera aussi. Ce dernier va larguer sur la planète rouge l’astromobile, mis au point par Airbus qui se chargera de collecter les échantillons de Mars 2020, ainsi qu’une petite fusée.

C’est grâce à cette dernière que les morceaux de sol martien seront propulsés en orbite dans un conteneur, normalement en 2028. Là, façon « touchdown », l’engin spatial ERO sera positionné pour récupérer cet objet de la taille d’un ballon de basket. Tout cela géré à distance, à plus de 50 millions de km du contrôle au sol.

Une fois bien au chaud et protégés dans un système confiné, les petits cailloux entameront leur voyage d’un an pour retourner sur Terre. Une fois arrivée à destination, la capsule sera larguée sur le plancher des vaches, plus précisément le désert de l’Utah, vers 2031. Et son contenu partira directement dans un laboratoire spécialement conçu pour éviter tout risque de contamination.

« Un exploit extraordinaire »

« Ramener des échantillons sur Terre à partir de Mars sera un exploit extraordinaire, portant la science interplanétaire à un nouveau niveau et Airbus est ravi de relever ce défi dans le cadre de cette mission internationale conjointe », a expliqué Jean-Marc Nasr, le responsable d’Airbus Space Systems.

Les études de réalisation de l’engin spatial ERO ont déjà débuté, son développement se fera sur le site toulousain d’Airbus et de l’analyse de la mission à Stevenage, en Angleterre.