Coronavirus : Des cellules de fœtus avorté à l’origine du traitement prescrit à Donald Trump

SCIENCE La toute première version d’une cellule utilisée pour tester l’efficacité du traitement provenait d’un fœtus avorté dans les années 1970

20 Minutes avec agence

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Les cellules issus du fœtus avorté dans les années 1970 ont été utilisées lors d'essais cliniques. (Illustration)
Les cellules issus du fœtus avorté dans les années 1970 ont été utilisées lors d'essais cliniques. (Illustration) — RBM ONLINE/LIFE SCIENCE/AP/SIPA

Le traitement expérimental administré à Donald Trump contre le Covid-19, qualifié par ce dernier de « miracle envoyé par Dieu », est notamment composé de cellules dérivées de tissus de fœtus avortés, révèle MIT Technology Review. Son administration s’est pourtant toujours formellement opposée aux travaux de recherche utilisant des éléments prélevés sur des fœtus après une interruption de grossesse.

Ni le gouvernement ni les militants luttant contre le droit à l’avortement n’ont cependant critiqué les soins dont a bénéficié Donald Trump. Il faut en effet être un expert pour faire le lien entre les tissus fœtaux et les anticorps de pointe fabriqués par le laboratoire Regeneron Pharmaceuticals.

Des cellules de hamster

Les molécules entrant dans la composition du traitement sont ainsi produites grâce à des cellules extraites d’ovaires de hamster, explique l’entreprise pharmaceutique. Les tissus provenant de fœtus avortés, eux, ont rempli une autre mission dans l’élaboration du médicament.

Les cellules HEK 293T mises à contribution dans les tests d’évaluation de l’efficacité du traitement ont été initialement isolées dans des tissus rénaux provenant d’un avortement pratiqué aux Pays-Bas dans les années 1970. Depuis, ces cellules ont été abondamment enrichies et modifiées artificiellement en laboratoire.

« Pas de tissus fœtaux »

Ces dernières versions ont été utilisées pour les essais qui ont permis d’identifier les anticorps les plus adaptés pour combattre le coronavirus. Elles sont bien éloignées des cellules originales et des débats actuels concernant la recherche médicale sur des éléments provenant d’avortements.

« Les lignées cellulaires 293T disponibles aujourd’hui ne sont pas considérées comme des tissus fœtaux, et nous n’avons par ailleurs pas utilisé de tissus fœtaux », affirme d’ailleurs Alexandra Bowie, porte-parole de Regeneron Pharmaceuticals, au magazine américain.