Le Nobel de physique attribué à Roger Penrose, Reinhard Genzel et Andrea Ghez, experts des « trous noirs »

RECOMPENSE Trois pionniers de la recherche sur les « trous noirs » ont été recompensés

Manon Aublanc

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Vue générale d'une ancienne salle de remise du Prix Nobel de Littérature à Stockholm.
Vue générale d'une ancienne salle de remise du Prix Nobel de Littérature à Stockholm. — ANDANSON/SIPA

Après le Canado-Américain James Peebles et les Suisses Michel Mayor et Didier Queloz en 2019, c’est au tour du Britannique Roger Penrose, de l’Allemand Reinhard Genzel et de l’Américaine Andrea Ghez de recevoir le prix Nobel de physique pour leurs recherches sur les « trous noirs », a annoncé l’académie, ce mardi, à Stockholm (Suède).

Trois pionniers de la recherche sur les « trous noirs », des régions de l’Univers d’où rien ne peut s’échapper, ont été récompensés, ce mardi. Roger Penrose, 89 ans, a remporté le célèbre prix pour avoir découvert « que la formation d’un trou noir est une prédiction solide de la théorie de la relativité générale », tandis que Reinhard Genzel, 68 ans, et Andrea Ghez, 55 ans, ont été récompensés pour « la découverte d’un objet compact supermassif dans le centre de notre galaxie », a expliqué le jury Nobel.

Quatrième femme pour le Nobel de physique

Andrea Ghez devient la quatrième femme à remporter un prix Nobel de Physique, le plus masculin des six prix scandinaves. Le lauréat britannique reçoit la moitié du prix doté d’environ un million d’euros, tandis que les deux autres se partagent la seconde moitié, a précisé l’Académie royale des sciences à Stockholm.

Les trous noirs supermassifs sont une énigme de l’astrophysique, notamment sur la façon dont ils deviennent aussi gros. Leur formation est au cœur des recherches en astrophysique moderne. Les scientifiques pensent qu’ils dévorent, à une vitesse folle, tous les gaz émis par des galaxies très denses qui les entourent.

La remise des prix annulée

Comme ils sont invisibles, on ne peut les voir que par contraste, en observant les phénomènes qu’ils suscitent dans leur proche environnement. Une première image révolutionnaire avait été révélée au monde en avril 2019. L’astrophysique, ainsi que la physique quantique, centrés sur l’infiniment petit, étaient considérées comme favorites par les experts pour ce Nobel 2020.

En raison de l’épidémie de coronavirus, la cérémonie de remise des prix, prévue le 10 décembre à Stockholm, a été annulée, une première depuis 1944. Les lauréats, qui se partageront près d’un million d’euros, recevront leur prix dans leur pays de résidence. Le prix Nobel de chimie sera connu mercredi, la littérature jeudi et le plus médiatisé, celui de la paix vendredi.