Coronavirus au Costa Rica : Des chercheurs expérimentent un traitement à base de plasma de cheval

RECHERCHE Un traitement réalisé avec le plasma de cet animal est actuellement en phase de test sur une vingtaine de patients au Costa Rica

20 Minutes avec agences

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Un cheval blanc (illustration).
Un cheval blanc (illustration). — Alexas_Fotos / Pixabay

Des chercheurs du Costa Rica expérimentent sur 27 patients un traitement contre le coronavirus à base de plasma de cheval, depuis plusieurs semaines. Les scientifiques de l’Institut Clodomiro Picado de l’Université du Costa Rica ont inoculé à six chevaux des protéines du coronavirus, obtenues auprès de laboratoires en Chine et au Royaume-Uni, et ont recueilli ensuite les anticorps développés par les animaux, contenus dans leur plasma sanguin.

Des tests in vitro ont d’abord été réalisés dans un laboratoire américain, à l’Université George Mason (Virginie), aux Etats-Unis. « Nous avons exposé les anticorps produits sur des chevaux à plusieurs dilutions du virus Sars-Cov2 en cultures cellulaires et nous avons mis en évidence que le virus a été neutralisé », indique le chercheur américain Charles Bailey, en charge de l’étude.

Destiné à des patients en début de maladie

Un lot initial de 1.000 flacons de 10 ml de la solution purifiée a ensuite été fabriqué et sert à présent à des essais de phase 2 sur 26 patients détectés positifs au Sars-cov2. Les résultats préliminaires ont montré que le traitement est « très sûr, ce qui suggère une [tolérance] adéquate par les patients », souligne le Dr Willem Bujan, qui mène l’étude.

S’il est validé après la phase 3 d’expérimentation sur des centaines de malades, le traitement sera destiné à des patients en début de maladie, « quand les symptômes ne sont pas encore très sévères et que la charge virale n’est pas trop grande », explique Andres Hernandez, le pharmacien qui dirige l’Institut Clodomiro Pico.

Neutraliser les symptômes en quatre jours

Le but est que les anticorps équins neutralisent le virus et que les symptômes diminuent en quatre jours, permettant au malade de respirer sans difficulté, avec une disparition de la fièvre, ajoute Andres Hernandez. Avec ce traitement, les autorités sanitaires espèrent endiguer l’afflux de patients dans les services de soins intensifs, qui menacent d’être submergés alors que le pays enregistre environ un millier de nouveaux cas chaque jour.

Actuellement, le petit pays d’Amérique centrale de cinq millions d’habitants comptabilise depuis le début de l’épidémie un total de 77.000 cas, dont plus de 900 morts. Le procédé sera mis à la disposition d’autres pays et d’autres organismes avec le soutien de l’Organisation Mondiale de la Santé (OMS), a indiqué le président costaricien Carlos Alvarado.