Prix Nobel : En pleine pandémie, la saison 2020 s’ouvre ce lundi avec la médecine

RECOMPENSES Mardi sera décerné le prix pour la physique, mercredi celui de chimie, jeudi la littérature et enfin vendredi le très médiatique prix Nobel de la paix

20 Minutes avec AFP
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La médaille du prix Nobel.
La médaille du prix Nobel. — Fernando Vergara/AP/SIPA

Comme chaque année, la médecine va ouvrir le bal ce lundi vers 11h30 des prix Nobel. Mais en cette année de la pire pandémie depuis un siècle, le prix dans cette catégorie aura une saveur particulière. La saison des Nobel qui s’ouvre à Stockholm est également pleine de suspense aussi bien pour la physique, mardi, la chimie, mercredi ou encore pour les deux récompenses habituellement les plus attendues : littérature jeudi et paix vendredi.

Un prix sur des travaux sur le Covid-19 improbable

La pandémie actuelle « illustre à quel point la science est importante », relève Lars Heikensten, le patron de la Fondation Nobel. Il est toutefois improbable qu’un prix couronne des travaux liés directement au Covid-19. « Nous ne sommes influencés en aucune manière par ce qui se passe dans le monde en ce moment », assure Erling Norrby, ancien secrétaire permanent de l’Académie suédoise des sciences, qui chapeaute aussi le plus récemment créé prix d’économie, remis le lundi suivant. « Cela prend du temps pour qu’un prix puisse mûrir, souvent dix ans », souligne-t-il.

Le processus de désignation est absolument secret. Le temps est donc aux spéculations. Cette année, les meilleurs « nobelologues » verraient bien le prix de médecine aller au tandem formé par l’Australien d’origine française Jacques Miller et l’Américain Max Cooper, lauréats du prestigieux prix américain Lasker l’an passé. Approchant tous deux les 90 ans, ils sont souvent considérés comme des « oubliés » du Nobel. Ils seraient ainsi récompensés pour avoir découvert les lymphocytes B et T dans les années 1960, une avancée considérable dans la recherche sur l’immunologie.

Plusieurs femmes bien placées

L’Américaine d’origine libanaise Huda Zoghbi pourrait elle se voir récompenser pour avoir identifié l’origine génétique du syndrome de Rett, une maladie se déclarant quelques mois après la naissance, essentiellement chez les filles, provoquant un grave handicap mental et moteur. Autres femmes jugées bien placées : la Française Emmanuelle Charpentier et l’Américaine Jennifer Doudna pour un outil, mis au point en 2012, permettant de « couper » un gène précis. Leurs travaux pourraient alternativement leur valoir un prix en chimie.

Autres « usual suspects » : les Américains Dennis Slamon et Mary-Claire Kings (cancer du sein), l’Australien Marc Feldmann et le Britannique d’origine indienne Ravinder Maini (polyarthrite rhumatoïde). A moins que le prix n’aille à la virologie, discipline star malgré elle de 2020 ? L’Allemand Ralf Bartenschlager et les Américains Charles Rice et Michael Sofia sont sur les rangs pour leurs travaux sur l’hépatite C.

Un million d’euros

Si les prix Nobel vont bien être annoncés comme prévu cette semaine, le coronavirus a entraîné l’annulation de la cérémonie physique de remise des prix, le 10 décembre à Stockholm. Une première depuis 1944. Le ou les lauréats, qui se partageront près d’un million d’euros, recevront leur prix dans leur pays de résidence.