Coronavirus : L’ADN hérité de Néandertal peut entraîner des formes plus graves

GENETIQUE Des recherches révèlent qu’une variante génétique dans une région du chromosome 3 est associée à des formes plus sévères de la maladie

20 Minutes avec agences
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Illustration test coronavirus
Illustration test coronavirus — Sunil Ghosh/Hindustan Times/Shutterstock/SIPA

Les malades du Covid-19 portant un segment d’ADN de Néandertal, hérité d’un croisement avec Homo sapiens il y a quelque 60.000 ans, risquent davantage des complications sévères de la maladie, selon des chercheurs. Le codage génétique hérité de ce lointain cousin de l’humain moderne les rend par exemple trois fois plus susceptibles d’avoir besoin d’une ventilation mécanique, révèle une étude publiée dans Nature mercredi.

Il y a beaucoup de raisons pour lesquelles certains patients ont besoin de soins intensifs, alors que d’autres ne présentent que de légers symptômes, voire aucun. Être âgé, de sexe masculin, des antécédents médicaux peuvent aggraver l’issue de la maladie. Des facteurs génétiques ont aussi un rôle, suggèrent donc ces travaux.

Les Bangladais particulièrement à risque

Des recherches récentes menées par l’organisation « Covid-19 Host Genetics Initiative » révèlent qu’une variante génétique dans une région du chromosome 3 – l’une des 23 paires que compte le génome humain – est associée à des formes plus sévères de la maladie. Cette même région était déjà connue pour abriter du code génétique venant de Néandertal, ce qui a poussé les auteurs de l’étude à chercher un lien avec le Covid-19.

Ce segment potentiellement dangereux pour les malades du Covid-19 n’est pas distribué de façon homogène à travers le globe, selon l’étude. Environ 16 % des Européens en sont porteurs, et à peu près la moitié de la population d’Asie du Sud, avec la proportion la plus élevée (63 %) au Bangladesh. Ce qui pourrait expliquer pourquoi les personnes d'origine bangladaise hospitalisées en Grande-Bretagne ont deux plus de risques de mourir du Covid-19 que la population générale, comme l'avait constaté une autre étude.

Le segment de gène incriminé est quasiment absent du génome des habitants d’Asie orientale et d’Afrique. Environ 2 % de l’ADN des non-Africains trouve son origine dans le génome de l’homme de Néandertal, selon plusieurs études.