Les spermatozoïdes ne bougent pas comme des serpents mais comme des loutres en train de jouer, selon une étude

ROULADES Une observation en 2D des mouvements des spermatozoïdes et une illusion d'optique avaient donné une interprétation erronée de la méthode de nage des gamètes

20 Minutes avec agence

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Vue microscopique de spermatozoïdes.
Vue microscopique de spermatozoïdes. — DURAND FLORENCE/SIPA

Les déplacements des spermatozoïdes humains seraient plus proches de ceux d’une loutre en train de jouer que de ceux d’un serpent. Pour arriver jusqu’à l’ovocyte, ils nageraient en faisant des rotations sur eux-mêmes, selon une étude publiée ce vendredi dans Science Advances.

Jusqu’ici, les scientifiques pensaient que les gamètes mâles avançaient en faisant onduler leur filament. Une erreur due aux techniques d’observation utilisées en 1677 par le microbiologiste néerlandais Antonie van Leeuwenhoek sur son propre sperme, selon l’étude, relayée par le HuffPost américain. Le scientifique n’avait accès qu’à des méthodes d’observation en deux dimensions.

Une technique de nage asymétrique

Des chercheurs britanniques et mexicains ont eu recours à la microscopie en 3D pour reconstituer le mouvement des cellules reproductrices. « Le spermatozoïde a développé une technique de nage pour pallier son déséquilibre », explique Hermès Gadhela, principal auteur de l’étude. « La tête du spermatozoïde tourne sur elle-même en même temps que la queue du spermatozoïde pivote autour de l’axe de direction de la nage. »

Les gamètes ont « résolu un problème mathématique à l’échelle microscopique en créant une symétrie à partir d’une asymétrie », s’émerveille le chercheur. « Cette découverte va révolutionner notre compréhension de la motilité des spermatozoïdes et son impact sur la fécondation naturelle », estime pour sa part Alberto Darszon, coauteur des travaux.