Objectif Mars: La Chine lance une sonde vers la planète rouge

ESPACE Deux jours après les Emirats arabes unis, c’est la Chine qui a lancé ce jeudi une mission spatiale vers Mars. Arrivée prévue en février. La mission consistera a placer une sonde en orbite autour de la planète rouge, mais aussi y déposer un robot téléguidé

20 Minutes avec AFP

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Objectif Mars: La Chine lance une sonde vers la planète rouge — 20 Minutes

La Chine à l'assaut de Mars: le géant asiatique a lancé jeudi une sonde qui va parcourir un long voyage jusqu'à la planète rouge, en pleine rivalité diplomatique et technologique avec les Etats-Unis.

L'engin a été propulsé par une fusée Longue-Marche 5 qui a décollé dans un épais nuage de fumée du centre de lancement de Wenchang, sur l'île tropicale de Hainan (sud), a constaté une équipe de l'AFP.

Placer une sonde en orbite et poser un robot téléguidé sur Mars

La sonde n'arrivera pas avant 2021. Elle devra d'abord effectuer en quelque sept mois le long trajet Terre-Mars. La distance varie mais est au minimum de 55 millions de kilomètres -- soit 1.400 fois le tour du monde.

Ambitieuse, la Chine espère faire lors de cette première tentative indépendante presque tout ce que les Etats-Unis ont réalisé en plusieurs missions martiennes depuis les années 1960.

C'est-à-dire placer une sonde en orbite, poser un atterrisseur sur Mars, puis en faire sortir un petit robot téléguidé afin qu'il mène des analyses à la surface. Parmi les missions du rover: conduire des analyses du sol, de l'atmosphère, prendre des photos, ou encore contribuer à la cartographie de la planète rouge

« Première fois que la Chine s’aventure au loin dans le système solaire »

«C'est manifestement un événement marquant pour la Chine. C'est la première fois qu'elle s'aventure au loin dans le système solaire», indique à l'AFP Jonathan McDowell, astronome au Centre Harvard-Smithsonian pour l'astrophysique, aux Etats-Unis.

«Si elle réussit, ce serait la première fois dans l'histoire qu'un atterrisseur et qu'un robot téléguidé non-américains fonctionnent sur Mars», souligne Chen Lan, analyste pour le site GoTaikonauts.com, spécialisé dans le programme spatial chinois.

La mission a été nommée «Tianwen-1» («Questions au ciel-1») en hommage à un poème de la Chine ancienne qui traite d'astronomie.

Déjà des premiers entraînements sur la Lune

Le robot pèse plus de 200 kilos, il est équipé de quatre panneaux solaires et de six roues, et sera opérationnel durant trois mois. La Chine a déjà une expérience en la matière, puisqu'elle a fait rouler deux petits robots sur la Lune, avec les «Lapins de jade» 1 et 2 -- déposés respectivement en 2013 et 2019.

Ces rovers «constituaient un bon entraînement» car les terrains lunaire et martien «sont globalement similaires», selon Jonathan McDowell. Mais la distance Terre-Mars est 140 fois plus importante que le trajet Terre-Lune. Conséquence: une plus grande lenteur des télécommunications et un voyage plus long durant lequel des défaillances peuvent survenir, souligne-t-il.

Donner un regain de prestige à Pékin face à Washington ?

En cas de réussite, cette mission donnerait un regain de prestige à Pékin face à Washington, qui vient d'ordonner la fermeture du consulat de Chine à Houston, dernier avatar de l'intense rivalité entre les deux géants du Pacifique.

La Chine investit des milliards d'euros dans son programme spatial, afin de rattraper l'Europe, la Russie et les Etats-Unis. Elle a envoyé son premier astronaute dans l'espace en 2003. Pékin lance également des satellites pour elle-même ou pour le compte d'autres pays. Le pays vient d'achever en juin la constellation de son système de navigation Beidou -- rival du GPS américain. Il prévoit par ailleurs d'assembler une grande station spatiale d'ici 2022. Et espère envoyer des hommes sur la Lune d'ici une dizaine d'années.

Réconciliation avec Mars ?

La Chine avait déjà essayé d'expédier une sonde vers Mars en 2011 lors d'une mission commune avec la Russie. Mais la tentative avait capoté et Pékin avait ensuite décidé de poursuivre l'aventure seul. Ce coup-ci, c’est la bonne ? «C'est très ambitieux pour un premier essai. A tel point que je serai surpris si la mission est une réussite totale», estime Jonathan McDowell.

«C'est du 50-50», juge Chen Lan. «La Chine échouera peut-être cette fois. Mais elle réussira un jour. Car elle a la volonté, la détermination et suffisamment de ressources financières et humaines pour y parvenir.»