La sonde spatiale Solar Orbiter dévoile des images inédites du soleil et ses « feux de camp »

ASTRONOMIE La sonde spatiale euro-américaine pénètre un des phénomènes les plus mystérieux du soleil

20 Minutes avec AFP

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Avec la sonde Solar Orbiter le soleil n'a jamais été photographié d'aussi près — 20 Minutes

Il s’agit d’un des phénomènes les plus mystérieux du soleil. La sonde euro-américaine Solar Orbiter a livré, ce jeudi, les images les plus rapprochées jamais prises de notre étoile solaire, dévoilant des éruptions miniatures appelées « feux de camp », lesquels pourraient expliquer le chauffage de la couronne solaire.

La mission Solar Orbiter, collaboration avec l’Agence spatiale européenne (ESA) et la Nasa, s’est élancée le 10 février en direction du soleil, avec, à son bord, dix instruments dont six télescopes d’observation. Le dispositif confère au véhicule spatial une capacité unique à prendre des images de la surface solaire.

A 77 millions de kilomètres

« Jamais le soleil n’avait été pris d’aussi près ! », s’est félicitée Anne Pacros, responsable mission et charge utile. A 77 millions de kilomètres de l’astre (environ la moitié de la distance terre-soleil), les premières images rapprochées ont mis en évidence un phénomène nouveau : des « feux de camps », mini-éruptions solaires omniprésentes proches de la surface, a détaillé l’ESA lors d’une conférence de presse.

Ces « feux de camps », qui n’étaient jusqu’ici pas visibles en détail, « sont petits comparés aux éruptions solaires géantes que nous pouvons observer depuis la Terre, des millions ou des milliards de fois plus petits », a expliqué David Berghmans, de l’Observatoire royal de Belgique, investigateur principal de l’instrument de télédétection « Extreme Ultraviolet Imager » (EUI), qui a pris des images dans le rayonnement ultraviolet extrême.

Phénomène jusqu’ici inexpliqué

Les scientifiques ignorent encore si ces « feux de camp » sont une simple version miniature des grosses éruptions, ou le résultat de mécanismes différents. Mais des théories affirment déjà qu’ils « pourraient contribuer au chauffage de la couronne solaire », phénomène jusqu’ici inexpliqué, explique l’ESA.

La couronne solaire, la couche la plus extrême de l’atmosphère du soleil qui s’étend sur des millions de kilomètres dans l’espace, dépasse en effet le million de degrés, alors que la surface du soleil atteint « seulement » 5.500 degrés : cet écart gigantesque défie les lois de la nature, qui voudraient que plus on s’éloigne d’une source de chaleur, plus la température baisse. 

Comprendre ces mécanismes est considéré comme le « Graal » de la physique solaire, souligne l’ESA.