Des passages caviardés de la correspondance entre Marie-Antoinette et le comte de Fersen en partie décryptés

HISTOIRE Dans les passages décryptés, Marie-Antoinette et le comte de Fersen s’expriment dans des termes amoureux

20 Minutes avec agences

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La reine Marie-Antoinette (illustration).
La reine Marie-Antoinette (illustration). — imageBROKER.com/SIPA

Des passages caviardés de la correspondance secrète entre Marie-Antoinette, en résidence surveillée avec Louis XVI aux Tuileries, et le comte de Fersen, ont pu être décryptés à l’issue d’un travail de haute technicité. La plus grande partie de cette correspondance, qui a duré plus d’un an, est conservée depuis 1982 aux Archives nationales et était déjà déchiffrée.

Mais il restait des lignes censurées au moyen d’un caviardage habile, pour qu’on ne puisse pas les lire. A cette époque, la reine était sous surveillance après l’épisode calamiteux de la fuite et de l’arrestation de la famille royale à Varennes en 1791, pendant la Révolution française.

Ils « s’expriment dans des termes amoureux »

Les Archives conservent 25 lettres de Marie-Antoinette, rédigées sur un papier à bords droits, sans trous ni déchirures, sans traces de moisissures, rappellent les promoteurs du projet dans un communiqué. Quatre sont des originaux autographes, les autres étant des copies faites par Fersen ou son secrétaire. Parmi elles, sept présentent des passages caviardés. Sont aussi conservées 29 lettres de Fersen dont huit sont censurées.

« Marie-Antoinette et Fersen s’expriment dans des termes amoureux, bien que l’essentiel du contenu des correspondances soit de nature politique. Pour la première fois on peut lire sous la plume de Fersen des phrases sans ambiguïté sur le sentiment qu’il porte à la reine et qui avaient été soigneusement cachées », relèvent les Archives nationales. Ainsi, des formules stéréotypées comme « je ne vis et n’existe que pour vous aimer » sont à mettre en parallèle avec d’autres formules tendres utilisées par Marie-Antoinette, par exemple dans sa correspondance avec la princesse de Lamballe.

95 jours de travail

Pour mener à bien ce chantier dans le cadre du projet REX, les Archives nationales, le Centre de Recherche sur la Conservation (CRC) et le laboratoire des Dynamiques patrimoniales et culturelles (DYPAC) se sont associés. Les passages caviardés ont pu être mis au jour grâce à la « spectroscopie de fluorescence des rayons X (XRF) ». Au total, 95 jours de travail ont été nécessaires.

Le contenu des parties caviardées de huit lettres sur les quinze examinées a pu être révélé. Pour les autres, les analyses ont montré que la composition des encres sous-jacentes et de caviardage était identique, ce qui empêche toute révélation du contenu caché. Selon le communiqué, « la principale conclusion du projet REX est moins dans des révélations fracassantes sur la nature de la relation entre Marie-Antoinette et Fersen, que dans la mise en lumière de l’expression de sentiments d’espoir, d’inquiétude, de confiance, de terreur, dans un contexte particulier d’enfermement forcé et d’éloignement ».