SpaceX va retenter de lancer son premier vol habité ce samedi

ESPACE La probabilité d’un lancement à 21h20 heure française est d'environ 50 %

20 Minutes avec AFP

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La fusée SpaceX à Cape Canaveral en Floride, vendredi 29 mai
La fusée SpaceX à Cape Canaveral en Floride, vendredi 29 mai — AFP

EDIT du 30 mai à 14 h 40 : Mise à jour après l’annonce d’un nouvel essai ce samedi

SpaceX tentera ce samedi de lancer dans l’espace deux astronautes de la Nasa, après une tentative arrêtée à la dernière minute mercredi par crainte de la foudre. La mission est cruciale : le premier vol habité partant des Etats-Unis depuis neuf ans, et le premier confié à une société privée.

La Nasa et le patron de SpaceX, Elon Musk, ont confirmé samedi matin que la météo, bien qu’incertaine, ne stopperait pas les préparatifs pour un décollage à 15 h 22 (21 h 22 en France) du centre spatial Kennedy, sur la côte atlantique en Floride, sous les yeux du président Donald Trump.

« Nous nous préparons pour le lancement aujourd’hui », a tweeté Jim Bridenstine, patron de la Nasa, en ajoutant que le risque d’annulation en raison du mauvais temps restait de 50 %. Un report reste possible jusqu’à la fin du compte à rebours, comme mercredi dernier.

Doug Hurley et Bob Behnken vont donc bientôt recommencer à l’identique ce qu’ils ont fait mercredi : revêtir les combinaisons spatiales blanches et noires qui ressemblent enfin à celles des films de science-fiction ; les adieux à leurs familles ; le convoi jusqu’à la fusée dans une voiture électrique Tesla, publicité offerte par la Nasa à Elon Musk qui a créé la marque ; et enfin la longue procédure pour s’installer et préparer la capsule Crew Dragon, au sommet de la fusée qui les propulsera dans l’espace à cinq fois la vitesse du son.

Une « révolution »

La mission peut sembler un pas modeste dans l’exploration spatiale : « Bob » et « Doug » n’iront ni sur la Lune ni vers Mars, seulement dans la vieille station spatiale, à 400 km de la Terre, où Russes et Américains vont et viennent depuis 1998.

La Nasa, pourtant, y voit une « révolution », car SpaceX va redonner aux Etats-Unis un accès à l’espace, low cost, moins cher que ses programmes précédents. Pour 3 milliards accordés depuis 2011, SpaceX a entièrement développé un nouveau taxi spatial et promis à sa cliente six allers-retours vers l’ISS. « Elon Musk a apporté au programme spatial américain la vision et l’inspiration qui nous manquait depuis neuf ans, depuis la fin des navettes spatiales. Il est brillant et capable », a loué le patron de la Nasa, Jim Bridenstine, vendredi.

Ejection possible

Ce samedi, dans la mythique salle d’allumage du centre Kennedy, ce ne sera pas un homme de la Nasa qui donnera le « go » ultime pour le décollage, mais le directeur de lancement de SpaceX, Michael Taylor, les officiels de l’agence spatiale américaine n’ayant pas de rôle dans le compte à rebours.

Crew Dragon est une capsule comme Apollo, mais version XXIe siècle. Des écrans tactiles ont remplacé boutons et manettes. L’intérieur est dominé par le blanc, l’éclairage plus subtil. Un seul cordon « ombilical » relie les combinaisons aux sièges pour fournir air frais et communications aux deux hommes. Contrairement aux navettes, dont une a explosé en 1986 après le décollage (Challenger), Dragon peut s’éjecter en urgence si la fusée a un problème.

Si elle est certifiée sûre après le lancement de samedi, les Américains ne dépendront plus des Russes pour accéder à l’espace : depuis 2011, les Soyouz étaient les seuls taxis spatiaux disponibles. Les acheminements depuis la Floride redeviendront réguliers, avec quatre astronautes à bord.