SpaceX : Par crainte de la foudre, le premier vol habité reporté à samedi

ESPACE La décision a été annoncée 17 minutes avant l’heure prévue du décollage, en Floride

20 Minutes avec AFP

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Les astronautes Doug Hurley et Bob Behnken se dirigent vers la fusée Falcon 9 à Cape Canaveral, le 27 mai 2020.
Les astronautes Doug Hurley et Bob Behnken se dirigent vers la fusée Falcon 9 à Cape Canaveral, le 27 mai 2020. — AFP

Après une journée de suspense, le premier vol habité de la société américaine SpaceX a été reporté de mercredi à samedi en raison du mauvais temps, alors que deux astronautes de la Nasa étaient déjà installés dans la capsule au sommet de la fusée qui devait les lancer vers la Station spatiale internationale.

« Dragon, SpaceX : malheureusement, nous n’allons pas lancer aujourd’hui », a annoncé aux astronautes le directeur du lancement de SpaceX, 17 minutes avant l’heure prévue du décollage au Centre spatial Kennedy en Floride. « C’était un bel effort de l’équipe, nous comprenons », a répondu l’astronaute Doug Hurley, qui était depuis plus de deux heures à l’intérieur, sanglé dans son siège avec son coéquipier Bob Behnken, au sommet d’une fusée Falcon 9.

Il s’en est fallu de dix minutes pour que le mauvais temps se dissipe, en l’occurrence des orages et de la foudre dans la zone, et la présence d’un épais nuage appelé cumulonimbus pouvant provoquer de la foudre au passage de la fusée, comme c’est arrivé, sans conséquence, aux astronautes d’Apollo 12 en 1969.

Trump sur place

Mais la sécurité avant tout, a dit Jim Bridenstine, l’administrateur de la Nasa : « Il y avait trop d’électricité dans l’atmosphère ». La fenêtre de tir, 16H33, était réduite à cette heure exacte, afin de coordonner l’orbite de Dragon avec celle de l’ISS. La prochaine tentative aura lieu samedi à 15H22 (19H22 GMT).

« Tout le monde est sûrement un peu déçu », a dit Doug Hurley plus tard, compatissant avec les équipes au sol, qui attendaient ce moment depuis des années. Bob Behnken et Doug Hurley auraient dû s’amarrer à l’ISS jeudi.

Donald Trump était venu assister en personne à ce que la Nasa appelle l’aube d’une nouvelle ère spatiale, où les Etats-Unis confient au secteur privé le transport de ses astronautes, et retrouvent en même temps l’accès à l’espace qu’ils avaient perdu en 2011 avec l’arrêt des navettes spatiales.

« C’est un rêve devenu réalité »

Mais en reportant le vol, SpaceX ne s’est pas attiré les foudres du président américain, qui a tweeté qu’il reviendrait samedi. Malgré la déception temporaire, cette étape est la concrétisation de 18 ans d’efforts pour SpaceX. « C’est un rêve devenu réalité, je ne pensais pas que cela arriverait un jour », a dit avant le lancement prévu Elon Musk, qui a fondé la société avec quelques salariés en 2002 en Californie.

Avant de monter à bord de la capsule, les astronautes avaient dit au revoir à leurs familles qu’ils pensaient quitter pour plusieurs mois. A leurs deux jeunes fils, Elon Musk avait promis : « Nous avons fait tout ce que nous pouvions pour que vos papas reviennent ».

Malgré la pandémie de Covid-19, le vol a été maintenu et des touristes et passionnés s’étaient installés sur les plages du littoral de Floride dont la fameuse Cocoa Beach. « J’étais là il y a neuf ans avec mon fils pour le dernier lancement d’une navette, j’avais vraiment hâte de sentir à nouveau le sol trembler sous mes pieds », s’est lamentée June Steding, venue d’Orlando.