Des œufs de dinosaures vieux de 200 millions d’années ont été examinés aux rayons X

ÉTUDE Les données collectées ont notamment permis de reconstituer un modèle 3D du crâne d’un bébé dinosaure, long de seulement deux centimètres environ

20 Minutes avec agences

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Un œuf de dinosaure (photo d'illustration)
Un œuf de dinosaure (photo d'illustration) — MARY EVANS/SIPA

Des scientifiques ont réussi, grâce aux rayons X, à percer le mystère de l’intérieur d’œufs de dinosaures vieux de 200 millions d’années. Ils ont révélé de minuscules crânes d’embryons, au développement similaire à ceux des reptiles modernes, selon une étude parue ce jeudi dans Scientific Reports.

Ces embryons de « Massospondylus carinatus », un herbivore de 5 mètres de long, figurent parmi les plus anciens au monde. Ceux-ci avaient été découverts en 1976 dans le parc national des Golden Gate Highlands en Afrique du Sud, et du fait de leur fragilité et de leur très petite taille, ils sont longtemps restés difficiles à étudier, faute d’une méthode scientifique non-destructrice.

Similitudes avec les reptiles modernes

En 2015, une équipe scientifique internationale a amené sept œufs (dont seulement trois contenaient des embryons) au synchrotron européen de Grenoble (ESRF) pour les scanner, explique l’étude. Les puissants rayons X produits par l’ESRF, via des électrons accélérés à la vitesse de la lumière dans un anneau de plus de 800 mètres de long, ont révélé un niveau de détail inédit, donnant à voir jusqu’aux cellules osseuses.

Ces données ont notamment permis de reconstituer un modèle 3D du crâne de bébé dinosaure, long de seulement deux centimètres environ. Les scientifiques ont comparé leurs résultats à des embryons des plus proches parents modernes des dinosaures (crocodiles, tortues, lézards), et trouvé des similitudes dans les étapes du développement.

Le schéma embryonnaire inchangé

« Ce qui m’a le plus surprise, c’est à quel point les embryons étaient plus jeunes que ce qu’on pensait », a déclaré Kimberley Chapelle, auteur principale de l’étude. Elle a expliqué qu’ils n’étaient qu’à 60 % de leur développement embryonnaire.

Ils avaient aussi deux types de dents préservés dans leurs mâchoires, dont le premier « serait tombé avant l’éclosion, tout comme pour les geckos et les crocodiles aujourd’hui ». L’étude conclut que ces dinosaures « se sont développés dans leurs œufs de façon similaire à leurs parents reptiliens, dont le schéma de développement embryonnaire n’a pas changé en 200 millions d’années ».