Les pesticides provoquent un retard cérébral chez les bébés abeilles, selon une étude

MENACE Les produits phytosanitaires auxquels sont exposées les abeilles adultes causent des retards de développement chez les larves, qui ont ensuite du mal à accomplir certaines tâches essentielles

20 Minutes avec agence
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Une abeille butinant la fleur d'un trèfle. (Illustration)
Une abeille butinant la fleur d'un trèfle. (Illustration) — Katka2V/Pixabay

En plus de nuire aux abeilles, l’utilisation des pesticides a également des effets néfastes sur le cerveau des larves et des bébés de ces insectes. Lorsqu’un individu adulte a été exposé à certains produits phytosanitaires, le développement cérébral des plus jeunes peut être perturbé, montre une étude publiée ce mercredi dans la revue scientifique Proceedings of the Royal Society.

Les travaux ont été réalisés par sept chercheurs britanniques utilisant la microtomographie aux rayons X. Il s’agit d’une technique d’imagerie permettant une reconstitution 3D. Ces outils ont mis au jour pour la première fois des retards dans la croissance de certaines parties du cerveau des larves d’une colonie d’abeilles de laboratoire.

Alerter sur l’usage des pesticides

Le nectar mis à la disposition des abeilles adultes contenait des néonicotinoïdes, une substance présente dans beaucoup de pesticides. Une fois les larves écloses, les scientifiques ont observé leur comportement et utilisé leur technique d’imagerie pour étudier le cerveau des insectes. Les éléments ainsi recueillis ont été comparés aux données provenant d’une colonie non-exposée aux néonicotinoïdes.

Outre des défauts de la structure cérébrale, les bébés étaient dans l’incapacité d’accomplir des tâches primordiales pour leur communauté. Les spécialistes pensent que c’est en apportant les composants polluants au sein de la ruche que les adultes y exposent les plus jeunes. « Notre travail met en lumière le besoin de créer des règles sur l’usage des pesticides en prenant compte de ce risque d’exposition », analyse Richard J. Gill, coauteur de l’étude.