Les chiens imitent les bâillements des humains, même quand ils ne les connaissent pas, selon une étude

ANIMAUX Ce mécanisme d’imitation ne serait donc pas lié à une notion d’empathie, contrairement à ce qui pousse les humains à bâiller ensemble

20 Minutes avec agences

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Un chien en train de bâiller (illustration).
Un chien en train de bâiller (illustration). — Zachary Allen/AP/SIPA

Eux non plus ne peuvent pas s’en empêcher : les chiens imitent le bâillement d’un humain, que ce soit leur maître ou une personne inconnue. Ce procédé serait donc purement contagieux chez cette espèce, selon une étude publiée ce mercredi dans la revue Proceedings of Royal Society B.

Chez les humains, ce réflexe bien connu semble se déclencher plus facilement dans certaines conditions, notamment si la personne que l’on imite nous est familière. Observé aussi chez le chien, le bâillement contagieux était donc jusqu’ici perçu comme étant un signe potentiel d’empathie. Mais il n’en serait rien, selon les scientifiques de l’université des sciences d’Auckland (Nouvelle-Zélande).

Plus de bâillements face aux inconnus

Les chercheurs ont combiné les données de six études antérieures réalisées sur 257 chiens avec de nouvelles expériences comportementales. Une trentaine de chiens ont été soumis à deux exercices différents. Dans le premier, un humain sociabilisait avec l’animal en le caressant et le faisant jouer, puis il installait le chien sur un lit et se mettait à bâiller devant lui, de manière audible et en s’étirant.

Dans le second scénario, l’humain ignorant totalement le chien, évitant son regard, mangeant devant lui sans rien lui donner. Puis il bâillait, exactement comme dans le premier cas de figure. Résultat : dans les deux situations, les chiens bâillaient en retour. « Ils le faisaient même légèrement plus en conditions 'antisociales' », explique Patrick Neilands, auteur principal de l’étude. « Cela nous a surpris. »

En effet, le bâillement contagieux et l’empathie peuvent avoir des mécanismes cognitifs similaires, explique le chercheur. Chez les humains, ce biais empathique existe d’ailleurs. Cette étude prouve donc que « le bâillement chez les chiens, bien que contagieux, n’est pas lié à l’empathie », conclut Patrick Neilands. Ce serait aussi la « première preuve robuste d’un bâillement contagieux chez d’autres espèces que les primates ».