Des « méduses cyborg » pour explorer l’océan, une invention polémique

CYBORG ANIMAL Ces travaux scientifiques polémiques ont multiplié par trois la vitesse de nage des animaux en doublant simplement leur activité métabolique.

20 Minutes avec agence
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Une méduse Aurelia aurita de l'Atlantique. Elle a un gros corps mais des tentacules assez courts et est donc peu urticante.
Une méduse Aurelia aurita de l'Atlantique. Elle a un gros corps mais des tentacules assez courts et est donc peu urticante. — SIPA

Des chercheurs américains ont réussi à augmenter la vitesse de nage de plusieurs méduses lunes grâce à une prothèse microélectronique. Le dispositif, attaché sous le ventre des animaux, envoie une impulsion électrique dans leurs muscles pour en contrôler l’action.

Leurs travaux sont décrits dans une étude, publiée ce mercredi dans la revue Science Advances. Ils ont pour but de faire de ces méduses bioniques de précieuses alliées dans l’exploration sous-marine mais aussi de faire progresser les connaissances en matière de robotisation des organismes, rapporte Numerama.

Modifier le vivant, une question éthique

Un microprocesseur alimenté par une batterie au lithium a été mis au point et fixé sur des spécimens de l’espèce Aurelia aurita. La vitesse des méduses a ainsi été multipliée par trois alors que leur activité métabolique a seulement doublé. Les chercheurs travaillent désormais à diriger les mouvements de leurs « méduses cyborg » et à les équiper de caméras et capteurs pour recueillir des informations.

Mais la démarche fait polémique. Des questions éthiques se posent sur ces expérimentations effectuées sur un être vivant. Les auteurs de l’étude précisent qu’ils ont « pris des mesures [afin] qu’aucun dommage tissulaire inutile ne se produise ». Ils précisent par ailleurs que les méduses sont des « animaux invertébrés sans système nerveux central ou nocicepteurs déclarés ». Elles ne peuvent donc pas ressentir de douleur.