Un Américain retrouve l’ADN de son donneur dans son sperme après une greffe de moelle osseuse

CHIMERISME L’ADN d’un Américain atteint d’une leucémie a été remplacé par celui de son donneur dans certaines parties de son corps

20 Minutes avec agence
Des prélèvements ADN, illustration.
Des prélèvements ADN, illustration. — VALINCO/SIPA

Le cas de Chris Long, un habitant de Reno, dans le Nevada (États-Unis), est extrêmement rare. Atteint d’une leucémie, il a bénéficié d’une greffe de moelle osseuse il y a quelques années. Mais quatre ans après l’intervention, son ADN a été remplacé par celui de son donneur dans certaines parties de son corps, rapporte le New York Times.


Un authentique cas de chimérisme

Des prélèvements ont été effectués sur les lèvres, la langue et les joues de ce patient américain. Après analyse, il s’est avéré que ces échantillons contenaient non seulement son propre ADN, mais également celui de son donneur allemand, qu’il n’a jamais rencontré.

Chris Long est donc devenu une chimère, le terme technique qui désigne les rares personnes présentant deux séries d’ADN, indique le quotidien. L’ADN de son sperme a par exemple été intégralement remplacé par celui du donneur allemand. Seuls la poitrine et les cheveux de Chris Long ont été épargnés par cet étrange phénomène.

Une vasectomie en cause ?

« C’est assez incroyable que je puisse disparaître et que quelqu’un d’autre puisse apparaître », a déclaré le principal intéressé. Dans cette situation, on pourrait se demander de quels gènes hériteraient les enfants de Chris Long : les siens ou celui de son donneur ? Ici, la question ne se posera pas, Chris Long ayant subi une vasectomie après la naissance de son deuxième enfant. Mais si ça n’avait pas été le cas ? Selon plusieurs spécialistes, il est impossible de transmettre les gènes d’un autre à la suite d’une greffe de moelle osseuse.

Le docteur Mehrdad Abedi, membre de l’Université de Californie à Davis, a expliqué au New York Times que c’est justement cette vasectomie qui pourrait expliquer la présence de l’ADN du donneur dans le sperme de Chris Long. Les médecins ont indiqué qu’ils allaient continuer à étudier ce cas surprenant.