Ethiopie : Un endroit sans aucune forme de vie découvert par des chercheurs près d’un volcan

BIOLOGIE Il n’y a pas la moindre trace de vie dans ces étangs chauds, salins et hyperacides, preuve que la seule présence d’eau ne suffit pas à rendre une zone habitable

20 Minutes avec agence

— 

Le champ de Dallol, situé dans le désert du Danakil en Ethiopie (illustration).
Le champ de Dallol, situé dans le désert du Danakil en Ethiopie (illustration). — Edwin Remsberg / VWPics/SIPA

Le champ géothermal de Dallol, dans le désert du Danakil (Ethiopie), serait le premier endroit sur Terre où la vie n’existe pas du tout. C’est le résultat d’une étude menée par des chercheurs du CNRS et de l’Institut de minéralogie, de physique de matériaux et cosmochimie de Paris.

Associée à des chercheurs espagnols, cette équipe française vient de démontrer l’absence totale de vie sur ce site géologique unique au monde. Le volcan Dallol, l’un des lieux les plus inhospitaliers sur Terre, abrite des sources chaudes d’acide pur et des étendues d’eau très salée, rapporte Ouest-France.

Aucune forme de vie possible

L’idée était d’explorer les « limites physico-chimiques » de la vie, selon la chercheuse Purificacion García López. « On savait que certains organismes et micro-organismes pouvaient vivre dans des températures jusqu’à 122 °C, d’autres dans des milieux élevés en sel, d’autres encore avec un pH très bas ».

Les chercheurs ont prélevé plusieurs centaines d’échantillons dans les lacs à proximité du volcan à la recherche d’infimes traces de vie dans les zones regroupant ces trois paramètres. Mais les seuls nano-organismes découverts dans ces conditions étaient des minéraux, une matière non-vivante.

Un environnement extrêmement hostile

En dépit de la présence d’eau sous forme liquide, la vie microbienne est totalement absente des étangs hypersalés, chauds et très acides du dôme de Dallol et des lacs qui l’entourent, conclut l’étude, publiée dans la revue Nature Ecology & Evolution.

En revanche, les scientifiques ont trouvé de la vie « en abondance et très variée » dans certaines zones aux alentours présentant des conditions moins hostiles. Conclusion : certains organismes seraient capables de survivre « dans une eau salée, avec un pH négatif, ou dans une eau très chaude ». En revanche, lorsque ces trois facteurs sont réunis de manière cumulative, l’alchimie ne fonctionne pas.