Les fourmis, bien plus efficaces que Bison Futé pour éviter les bouchons

SCIENCES Des chercheurs toulousains ont scruté de près les fourmis et leur « conduite » lorsque le trafic est intense. De quoi inspirer les humains pour éviter les bouchons

Béatrice Colin

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Les fourmis s'adaptent lorsque le trafic augmente.
Les fourmis s'adaptent lorsque le trafic augmente. — char_ttt0 / Pixabay
  • Depuis des années, les comportements collectifs des fourmis sont étudiés de près par les chercheurs toulousains du Centre de recherche sur la cognition animale.
  • Dans leur dernière étude publiée ce mardi, ils ont étudié le comportement des insectes en cas de trafic dense.
  • Contrairement aux humains, elles arrivent à ne pas créer de bouchons en adoptant plusieurs stratégies.

A moins d’avoir une Batmobile ou la célèbre Kitt de K2000, les automobilistes sont condamnés régulièrement à s’entasser pare-chocs contre pare-chocs sur les périphériques de la France entière. Ces problèmes d’embouteillages, les sociétés de fourmis savent les gérer nettement mieux, sans pour autant avoir un GPS pour les guider ou radio Trafic pour les éclairer sur les itinéraires de délestage.

Même quand le trafic est extrêmement dense, ces insectes arrivent à circuler et conservent la même efficacité pour apporter leur récolte de nourriture jusqu’à leur nid. Une gestion des déplacements qu’ont pu observer des chercheurs toulousains du Centre de recherche sur la cognition animale (CNRS/Université Paul-Sabatier) et dont les résultats de l’étude viennent d’être publiés ce mardi dans la revue eLife.

« Nous avons observé des colonies de tailles différentes, allant de 700 à 30.000 individus pour créer plus ou moins de trafic. Nous avons aussi utilisé des ponts de tailles différentes pour avoir 170 combinaisons différentes que nous avons filmées », explique Audrey Dussutour qui travaille depuis des années sur la régulation des déplacements collectifs de ces petites bêtes incroyables.

Pas plus de 18 au cm2

Après avoir décortiqué les vidéos, son équipe s’est rendu compte que les fourmis ne géraient pas la densité de trafic comme les piétons ou les humains au volant de leur voiture. « Chez les fourmis, lorsque la densité augmente, au lieu de voir baisser le flux, il reste constant parce qu’elles accélèrent. Et lorsque cela devient plus compliqué, elles changent de stratégie et tente de se contourner pour éviter les collisions », poursuit la chercheuse.

Et quand elles sont plus de 18 au cm2, elles prennent l’option d’attendre plutôt que de s’engager sur la route déjà bien encombrée.

« C’est un peu comme quand Google nous dit de décaler d’une demi-heure notre départ », plaisante à moitié Audrey Dussutour​. De quoi donner un peu d’inspiration aux pouvoirs publics pour la gestion du trafic routier ou les entreprises pour les horaires décalés. Quant à accélérer pour éviter de créer des bouchons, cela reste par contre plus compliqué…