Des chercheurs toulousains ont trouvé comment réduire les effets néfastes d'une bactérie utilisée pour traiter les troubles gastro-intestinaux. (Illustration)
Des chercheurs toulousains ont trouvé comment réduire les effets néfastes d'une bactérie utilisée pour traiter les troubles gastro-intestinaux. (Illustration) — Bony / SIPA

SANTE

Toulouse : Des scientifiques ont réussi à désarmer un probiotique pour assurer une meilleure guérison

Des chercheurs toulousains ont réussi à ont réussi à mieux comprendre la synthèse de bonnes et mauvaises molécules chez  la bactérie Escherichia coli «Nissle 1917» pour créer une nouvelle souche

  • La bactérie Escherichia coli « Nissle 1917 » est utilisée depuis un siècle pour traiter les troubles gastro-intestinaux.
  • Devenue un incontournable en matière de probiotique, cette bactérie produit aussi une toxine pouvant induire le cancer colorectal.
  • Des chercheurs toulousains ont trouvé comment conserver les qualités probiotiques de la bactérie tout en se débarrassant de son côté toxique.

Quand on dit Escherichia coli, on pense tout de suite aux intoxications alimentaires. Mais si cette bactérie intestinale peut être source de danger, c’est aussi une alliée de taille depuis des décennies pour traiter les troubles gastro-intestinaux.

C’est le cas avec sa souche baptisée « Nissle 1917 », du nom du médecin allemand qui la découvrit durant la Première Guerre mondiale. Il s’était rendu compte qu’au sein d’un bataillon de soldats victimes de dysenterie, un seul n’était pas souffrant. Le praticien avait ainsi réussi à isoler la fameuse bactérie capable de soigner les malades.

Depuis, elle est utilisée comme probiotique pour traiter différents troubles gastro-intestinaux, notamment la maladie de Crohn grâce à ses vertus anti-inflammatoires.

Mais des chercheurs toulousains ont montré il y a quelques années que cette super bactérie produisait aussi une toxine, la colibactine, aux effets néfastes. Elle avait la capacité « de casser l’ADN des cellules et pouvait impliquer le développement du cancer colorectal », souligne Eric Oswald, vétérinaire de formation et aujourd’hui chef de service du laboratoire de bactériologie-hygiène au CHU de Toulouse et directeur adjoint de l’Institut de recherche en santé digestive.

Enlever l’effet toxique

Face à ce risque, son équipe de chercheurs de l’Inra, l’Inserm, de l’Université Paul Sabatier et de l’Ecole vétérinaire de Toulouse a étudié la meilleure façon de réduire ces effets secondaires. « Il fallait que nous réussissions à enlever cet effet toxique. Nous avons réussi à trouver quels éléments distinguaient l’activité probiotique de celle toxinogène », poursuit le chercheur dont l'étude vient d'être publiée.

Ils ont ainsi identifié le rôle central d’une protéine : si elle active la colibactine mais reste toutefois nécessaire pour l’effet probiotique. En la modifiant, ils ont pu conserver uniquement sa fonction positive.

« Cela montre, que comme pour les médicaments classiques, il faut avoir une analyse plus fine du mode d’action des probiotiques que l’on utilise, avoir toujours à l’esprit le rapport bénéfice-risque », conclut Eric Oswald.