Un continent perdu, englouti sous l’Europe il y a 120 millions d’années découvert par des chercheurs

GÉOLOGIE Grand Adria est entré en collision avec le plateau européen et la majorité du contient a glissé sous le manteau terrestre

20 Minutes avec agence

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Une cartographie du Grand Adria, un très vieux continent aujourd'hui disparu.
Une cartographie du Grand Adria, un très vieux continent aujourd'hui disparu. — Douwe J.J.van Hinsbergen/Gondwana Research/ScienceDirect

Le bassin méditerranéen cacherait dans son sous-sol les vestiges du Grand Adria, un immense continent qui aurait percuté le sud de l’Europe il y a 120 millions d’années. Selon les géologues qui l’étudient depuis une dizaine d’années, la masse de terre serait née il y a 240 millions d’années.

Elle se serait détachée du Gondwana, l’un des deux seuls continents sur Terre à l’époque, selon une étude publiée le 3 septembre dans la revue Gondwana Research. Au moment du choc tectonique avec l’actuelle Europe, la quasi-intégralité de Grand Adria aurait glissé sous le « Vieux Continent ».

La Méditerranée, un « immense désordre géologique »

Il n’en serait resté que quelques petits morceaux à la surface. C’est l’analyse de ces pierres qui a permis aux chercheurs de confirmer l’existence de ce continent disparu et d’en déduire son histoire et son parcours. Un travail d’envergure : les restes du Grand Adria sont disséminés dans une trentaine de pays, entre l’Espagne et l’Iran.

« La région méditerranéenne est tout simplement un immense désordre géologique », a expliqué Douwe van Hinsbergen, coauteur de l’étude, dans la revue Science. « Tout y est incurvé, en morceaux et sur plusieurs couches. » Les chercheurs ont donc eu besoin de temps pour réunir la matière en effectuant des fouilles à de nombreux endroits.

Ils ont aussi dû développer des logiciels capables d’analyser cette immense masse de données. D’autres experts ont utilisé des instruments de tomographie sismique. Cela leur a permis de conclure que certaines parties de Grand Adria se sont enfoncées jusqu’à 1.500 km sous le manteau terrestre européen.