Vision artistique d'un trou noir.
Vision artistique d'un trou noir. — MARK A. GARLICK / SHEFFIELD UNIVERSITY / AFP

ESPACE

Sagittarius A* : Le trou noir au milieu de notre galaxie absorbe de plus en plus de matière

La quantité de matière absorbée par Sagittarius A* a généré une telle luminosité qu’un chercheur a brièvement pris le trou noir pour une étoile

Le trou noir Sagittarius A* est de plus en plus glouton, et cela inquiète des scientifiques américains. « Nous n’avions encore jamais rien vu de tel au cours des vingt-quatre ans pendant lesquels nous avons observé » ce trou noir, a expliqué l’astronome Andrea Ghez au média Science Daily.

Dans une étude publiée ce mercredi dans The Astrophysical Journal Letters, les chercheurs de l’université de Californie indiquent avoir réalisé plus de 13.000 opérations d’observation du trou noir réparties sur 133 nuits. Et ce qu’ils ont vu le 13 mai dernier les a laissés sans voix.

Un phénomène « sans précédent »

Ils ont en effet remarqué que la zone située juste à côté du « point de non-retour » du trou noir, d’où la matière ne peut plus s’échapper une fois entrée, était deux fois plus lumineuse que lors de leurs précédentes observations. Or, cette lumière dépend des gaz émis par la matière absorbée, et constitue donc un indicateur de la quantité de cette dernière, explique Clubic.

La luminosité était telle qu’un des chercheurs explique avoir cru, pendant un instant, qu’il regardait une étoile. Sagittarius A* est donc de plus en plus gourmand. Le phénomène est qualifié de « sans précédent » et de « passionnant » par les experts américains, qui reconnaissent ne pas comprendre le phénomène.

« La grande question est de savoir si le trou noir est entré dans une nouvelle phase », résume Mark Morris, coauteur de l’étude. « Ou si nous avons simplement assisté à des feux d’artifice provoqués par des petites poches de gaz ponctuelles. »