Anguille électrique : Une nouvelle espèce capable de lancer des décharges de 860 volts découverte

FAUNE Cette découverte prouve une fois de plus que la forêt amazonienne, menacée par l’activité humaine, a encore des trésors à nous faire découvrir, selon les auteurs de l’étude

20 Minutes avec agences

— 

Une anguille électrique (illustration)
Une anguille électrique (illustration) — MALIZ ONG/PublicDomainPictures

Deux nouvelles espèces d’anguilles électriques ont été découvertes dans les eaux douces amazoniennes. Connus depuis plus de 250 ans, ces gros poissons pouvant mesurer jusqu’à 2,5 m étaient jusqu’ici affiliés à une seule espèce.

Carlos David de Santana et son équipe ont découvert ces deux nouvelles espèces en étudiant l’ADN de 107 spécimens. L’une d’elles, Electrophorus voltaï, est capable de produire des décharges allant jusqu’à 860 volts (200 volts de plus que l’espèce déjà connue) selon l’étude, publiée ce mardi dans la revue Nature Communications.

L’Amazonie, un lieu de biodiversité exceptionnel

Ce phénomène pourrait s’expliquer par une adaptation de cette espèce à son milieu aquatique, où la conductivité électrique est faible. L’identification de deux nouvelles variétés souligne à quel point la richesse de la biodiversité en Amazonie reste méconnue, peut-on aussi lire dans les travaux publiés.

Pouvoir encore trouver de nouvelles espèces dans la forêt amazonienne, « en dépit des activités humaines qu’elle subit depuis cinquante ans, montre qu’il reste énormément d’espèces à découvrir », explique Carlos David de Santana, directeur de l’étude.

Des anguilles électriques aux piles voltaïques

Le chercheur pense que ces découvertes « pourraient servir à la recherche médicale, ou susciter des avancées technologiques ». Cette découverte « renforce la nécessité de préserver la plus grande réserve de biodiversité de la planète », selon lui.

Les anguilles électriques passionnent les scientifiques depuis longtemps à cause de leur capacité à produire de l’électricité – comme une batterie biologique –, leur permettant de paralyser leurs proies à distance. Leur anatomie a inspiré le physicien italien Alessandro Volta, qui a inventé la première pile électrique (voltaïque) en 1799. Elle a aussi servi la recherche sur les maladies neurodégénératives et la pile à hydrogène pour implants médicaux.