VIDEO. Mission lunaire: L’Inde perd le contact avec sa sonde

DECEPTION Lancée le 22 juillet, dans le cadre d’un programme à 124 millions d’euros, la sonde Vikram devait se poser entre 01H30 et 02H30 vendredi

20 Minutes avec AFP

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La sonde indienne Vikram le 6 août 2019, soit la veille de la date prévue pour son alunissage.
La sonde indienne Vikram le 6 août 2019, soit la veille de la date prévue pour son alunissage. — AFP

Vikram ne répond plus… L’agence spatiale indienne (ISRO) a perdu le contact samedi avec la sonde inhabitée qui devait faire de l’Inde la quatrième nation à poser un appareil sur la Lune, et acter le retour de l’homme sur ce satellite naturel considéré comme un relais vers Mars. L’ISRO avait anticipé un moment délicat en disant s’apprêter à vivre « 15 minutes de terreur » durant la tentative d’alunissage. Et ce quart d’heure a justifié ces craintes. « La descente de l’atterrisseur Vikram se déroulait comme prévu », a expliqué le président de l’agence spatiale, Kailasavadivoo Sivan, dans la salle de contrôle de Bangalore au sud du pays. « Puis la communication entre l’atterrisseur et le contrôle au sol a été perdue. Les données sont en cours d’analyse ».

Pour la première fois un alunissage devait se faire au pôle sud

Lancé le 22 juillet d’un pas de tir du sud de l’Inde, Vikram de la mission Chandrayaan-2 devait se poser entre 01H30 et 02H30 samedi heure indienne (22H-23H vendredi en France) près du pôle sud lunaire, au terme d’un mois et demi de rotations orbitales autour de la Terre puis de la Lune. Une fois immobilisé, il devait libérer un petit robot mobile, Pragyan, censé fonctionner grâce à l’énergie solaire pendant environ 14 jours terrestres. Mais la phase d’alunissage est aussi cruciale que délicate. Si l’engin ne ralentit pas suffisamment, il arrive trop vite et se fracasse contre la surface désolée. En avril, une sonde lunaire israélienne s’était ainsi écrasée.

Trois astronautes indiens dans l’espace d’ici 2022

Le Premier ministre Narendra Modi, venu à Bangalore, a réagi en assurant aux scientifiques que ce qu’ils avaient fait n’était « pas un mince exploit ». « La vie connaît des hauts et des bas. Votre dur labeur nous a déjà enseigné beaucoup et le pays tout entier est fier de vous ». La déception est pourtant grande, et pas seulement pour l’Inde mais aussi pour toute la communauté scientifique mondiale. Chandrayaan-2 – « chariot lunaire » en hindi – devait être le premier engin spatial à se poser dans la région du pôle sud, inexplorée par l’homme. Les précédents alunissages, notamment ceux du programme américain Apollo, sont survenus au niveau de l’équateur sur la face visible de la lune. En début d’année, une sonde chinoise s’est pour la première fois posée sur la face cachée.

New Delhi a consacré 140 millions de dollars (124 millions d’euros) à Chandrayaan-2, soit un montant bien inférieur à ceux des autres grandes agences spatiales pour des missions de ce type. Le programme spatial indien s’est fait remarquer ces dernières années en alliant ambition et sobriété budgétaire, ainsi que par sa progression au pas de charge. L’ISRO compte d’ici 2022 envoyer un équipage de trois astronautes dans l’espace, ce qui serait son premier vol habité. Ses scientifiques travaillent aussi à l’élaboration de sa propre station spatiale, attendue au cours de la prochaine décennie.