Monstre du Loch Ness : Et si la mythique créature était en réalité… une grosse anguille ?

LÉGENDE Le Loch Ness Project, qui continue d’enquêter sur le monstre du Loch Ness, misait beaucoup sur la vaste étude ADN entrepris dans les eaux du lac écossais par le généticien Neil Gemmel. Après deux ans de travail, le verdict est tombé ce jeudi

F.P. avec AFP

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Le professeur Neil Gemmel prélève des échantillons d'eau du lac le 11 juin 2018, sous le regard attentif naturaliste Alain Shine, le responsable du Loch Ness Project » qui continue l'enquête.
Le professeur Neil Gemmel prélève des échantillons d'eau du lac le 11 juin 2018, sous le regard attentif naturaliste Alain Shine, le responsable du Loch Ness Project » qui continue l'enquête. — ANDY BUCHANAN / AFP
  • Depuis des décennies, le mythe du « Loch Ness » fait parler de lui en Ecosse et à travers le monde.
  • Une étude ADN des eaux du lac a été menée par un scientifique néo-zélandais.
  • Résultat : les indices récupérés laissent à penser que le monstre serait une (très grosse) anguille.

Le monstre du Loch Ness a fait couler beaucoup d’encre, en particulier depuis la publication dans le Daily Mail, le 21 avril 1934, d’un cliché loin d’être net mais malgré tout rentré dans l’Histoire. Sur cette photo, où l’on peut deviner une petite tête plantée au bout d’un long cou surgissant de l’eau, beaucoup y ont vu une preuve irréfutable de l’existence de Nessie, le monstre que de nombreux témoignages disaient avoir déjà aperçu surgir du fond du lac écossais.

La photo du Daily Mail était un canular, reconnaîtra 69 ans plus tard, sur son lit de mort, le gendre de l’aventurier Marmaduke Wetherell, qui avait monté le stratagème pour se venger. Ce dernier avait été engagé par le Daily Mail, au début des années 1930, à la tête d’une expédition chargée de ramener mort ou vif le monstre. Mais l’expédition avait tourné au fiasco et Marmaduke Wetherell tourné en ridicule. 20 Minutes vous avait raconté l’histoire de ce cliché en août 2018.

Une étude ADN très attendue

Il n’empêche, même si aucune preuve scientifique n’a confirmé l’existence d’un monstre de loch écossais, la légende reste tenace et de nouvelles observations sont remontées chaque année au « Loch Ness monster sightings Register ». Surtout, l’enquête continue, menée par le naturaliste Alain Shine, responsable du Loch Ness Project.

Ce dernier a placé beaucoup d’espoir dans les travaux du scientifique néozélandais Neil Gemmel, lancés en juin 2017. Ce spécialiste du génome a entrepris une vaste étude ADN des eaux du Loch Ness pour en déterminer la biodiversité marine.

Une anguille géante ? Pas impossible

Ce jeudi matin, après plus de deux ans de travail, Neil Gemmel a dévoilé les résultats. Verdict : l’insaisissable monstre du Loch Ness n’est pas un requin, pas davantage un poisson-chat ou un esturgeon géant. Mais peut-être une anguille géante… C’est en tout cas l’hypothèse que le scientifique néozélandais conforte aujourd’hui.

« On retrouve une quantité significative d’ADN d’anguille, qui foisonnent dans les eaux froides du Loch Ness, pointe-t-il. Nos données ne révèlent pas leur taille, mais la quantité que l’on a retrouvée fait qu’on ne peut pas écarter la possibilité qu’il y ait des anguilles géantes dans le Loch Ness. »

« Des investigations supplémentaires sont nécessaires pour confirmer ou infirmer cette théorie, mais selon nos données, l’hypothèse d’une anguille géante reste plausible », conclut le professeur Gemmel, qui note que cette piste avait déjà été évoquée en 1933.

Les théories abondent

Si le mystère n’est pas encore complètement résolu, le professeur néo-zélandais se félicite d’avoir constitué une « excellente base de données » sur ce qui peut se trouver dans ce lac légendaire des Highlands, attraction touristique majeure pour l’Ecosse. On y a prélevé de l’ADN d’humain, de chien, de mouton ou de bétail, mais aussi de la faune sauvage locale : cerfs, blaireaux, renards, campagnols ainsi que de nombreuses espèces d’oiseaux.

De quoi nourrir un peu plus encore les nombreuses théories sur la nature du monstre. En 2006, après deux ans de recherches, un paléontologue écossais avait pour sa part conclu que « Nessie » était en fait un éléphant d’un cirque ambulant en train de nager dans les eaux du Loch, indique l’AFP.

La piste plésiosaure

Une autre hypothèse, en vogue dans les années 1930, stipulait que Nessie était un plésiosaure. C’est que les desciptions du monstre par ceux assurant l’avoir vu collaient assez bien à la silhouette de ce grand vertébré ayant vécu sur Terre il y a plusieurs millions d’années. Un animal avec une tête de cheval, mais trois fois plus grosse, le dos noir et lisse comme celui d’une baleine mais surmonté de deux bosses, dans le genre de celle d’un dromadaire… Nessie aurait été un spécimen de cette espèce préhistorique qui se serait retrouvé enfermé dans les eaux du lac écossais.

La théorie ne tient pas pour de multiples raisons. « Le Loch Ness s’est formé il y a environ 10.000 ans, à la fin de la dernière période glaciaire, lorsque les glaciers qui recouvraient l’Ecosse se sont retirés, expliquait à 20 Minutes, en août 2018, Eric Buffetaut, paléontologue, chercheur émérite au CNRS, et passionné de cryptozoologie, la recherche des animaux dont l’existence ne peut être prouvée de manière irréfutable. Les derniers plésiosaures connus ont vécu à la fin du Crétacé, il y a 66 millions d’années, à une époque, donc, où le Loch Ness n’existait pas. »