La Nasa va envoyer un drone sur Titan à la recherche des origines de la vie

ESPACE La plus grande lune de Saturne ressemble beaucoup à une Terre primitive

P.B. avec AFP
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Le drone Dragonfly doit survoler la surface de la lune de Saturne Titan en 2034 (illustration).
Le drone Dragonfly doit survoler la surface de la lune de Saturne Titan en 2034 (illustration). — NASA/Sipa

Au premier coup d’oeil, Titan n’est pas accueillante, avec sa température de -179°C et ses lacs de méthane liquide. Mais la plus grande lune de Saturne ressemble beaucoup à une Terre primitive, avec une atmosphère riche en azote et en carbone. C’est pour cette raison que la Nasa a annoncé jeudi qu’elle comptait envoyer un drone butiner à sa surface à la recherche des origines de la vie, ou au moins des molécules permettant son éclosion. La mission s’appelle Dragonfly (libellule) et décollera en 2026, pour un atterrissage en 2034 sur Titan, dix fois plus éloignée du Soleil que la Terre.

A l’heure actuelle, on ne sait pas si la vie existe, ou a existé sur Titan. S’il n’y a pas d’eau liquide en surface, les chercheurs estiment, en se basant sur des résultats de la mission Cassini, qu’un océan pourrait se trouver sous la croûte glacée, dans un état liquide rendu possible par les forces de marées.

Un drone pour voyager plus loin

Dragonfly, avec ses huit rotors, volera dans le ciel de Titan. Avec son atmosphère dense et sa gravité sept fois inférieure à celle sur Terre, un quadcoptère pourra parcourir beaucoup plus de terrain qu’un rover. Curiosity, le seul robot actuellement actif sur Mars, ne peut rouler qu’une centaine de mètres par jour, après quoi il doit recharger ses batteries. Il a parcouru 20 km en sept ans. Dragonfly volera 175 km en moins de trois ans.

Les paysages qu’explorera Dragonfly seront multiples : il commencera par des dunes similaires aux dunes de Namibie, et finira au fond d’un cratère où de l’eau liquide a probablement coulé il y a longtemps, pendant peut-être des dizaines de milliers d’années.

« Dragonfly explorera un monde rempli d’une grande variété de molécules organiques, qui sont les briques de la vie et pourraient nous aider à percer l’origine de la vie elle-même », a déclaré Thomas Zurbuchen, qui chapeaute toutes les activités scientifiques de la Nasa.