Espace: On vous dit tout sur les super-pouvoirs de SuperCam, les « yeux » du prochain rover martien

MARS 2020 Avec ses bioniques, SuperCam, la tête chercheuse française du prochain robot martien, quitte Toulouse ce mercredi pour être livré à la Nasa. Sa mission : déceler d'éventuelles traces de vie sur la Planète rouge

Helene Menal

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Le rover martien qui remplacera Curiosity en 2020.
Le rover martien qui remplacera Curiosity en 2020. — Nasa
  • SuperCam sera la tête et les yeux du nouveau rover martien.
  • L’instrument a quitté Toulouse ce mercredi pour être livré à la Nasa.
  • Avec ses lasers, il est capable de détecter des matières organiques et donc des traces de vie.
  • La mission doit atterrir en février 2021 dans un lac asséché de la Planète rouge.

Jeudi matin, les passagers du vol Paris-Los Angeles voyageront avec une cargaison pour le moins insolite. Dans la soute, protégé par quantité de containers et boîtes façon poupées russes, il y aura SuperCam. Autrement dit la tête mignonne aux yeux globuleux du futur rover martien. Ce bijou de technologie de 6 kg a été construit à l'Institut de Recherche en en astrophysique et Planétologie (Irap) de Toulouse, sous la responsabilité du Cnes. Il a quitté son bercail mercredi par convoi spécial.

On vous dit tout sur son voyage, sa mission de la plus haute importance et ses super-pouvoirs.

Sept mois de voyage vers un ancien lac

SuperCam est donc la « tête » du rover Mars2020 (qui n’a pas encore de petit nom). Ce robot, successeur de Curiosity auquel il ressemble beaucoup, doit quitter la Terre en juillet 2020 et atteindre la Planète rouge sept mois plus tard. Le site d’atterrissage choisi est le cratère Jezero. Ce dernier a probablement accueilli un lac il y a 3,6 milliards d’années, à une époque où les spécialistes estiment que Mars (qui a le même âge que notre planète) ressemblait encore à la Terre. « On pense que le cratère a pu accueillir une hauteur d’eau de 250 mètres, l’objectif est notamment d’y retrouver des bio signatures », explique Pierre-Yves Meslin, chercheur à l’Irap.

 

Des lasers, rouge ou vert

SuperCam dans les locaux de l'Irap à Toulouse.

La Nasa a choisi SuperCam parce que son prédécesseur, ChemCam, a performé sur Mars depuis 2012. Alors qu’il devait avoir une durée de vie limitée à trois ans, il continue avec son laser rouge, il continue de bombarder le sol martien transformant la roche en plasma et permettant d’analyser le sol grâce au gaz dégagé. SuperCam aura les mêmes yeux bioniques. Mais il évoluera aussi du bon côté de la force grâce à l’ajout d’un laser vert (Raman pour les spécialistes) et d’un spectromètre infrarougs. Ces deux nouveaux instruments combinés lui permettront de faire de la minéralogie, de scruter jusqu’aux liaisons atomiques des substances et même de détecter le Graal, les éventuelles matières organiques.

En couleur et stéréo

Alors que ChemCam fournit des panoramiques de Mars en noir et blanc, SuperCam verra la Planère Rouge en couleurs. Il sera aussi doté d'un microphone miniature mis au point avec les élèves ingénieurs de ISAE-Supaero. Il permettra d’enregistrer le bruit des tirs laser et par conséquent de donner de précieuses informations sur la dureté de la roche. Il enregistrera aussi le vent de Mars et les bruits du rover.

L’énigme de la vie sur Mars

L’objectif de la mission est évidemment de détecter des traces de vie sur Mars. SuperCam en est le bras armé. Sa finesse d’analyse permettra de choisir les échantillons que le rover va prélever et stocker. Ces derniers seront récupérés par une autre mission, encore en cours de négociations, mais qui pourrait rapporter ce chargement extraterrestre vers 2031. Et la recherche spatiale française sera donc aux premières loges.