Un des six satellites de la constellation, équipé d’un imageur d’éclairs, le 4 juin 2019 à Cannes
Un des six satellites de la constellation, équipé d’un imageur d’éclairs, le 4 juin 2019 à Cannes — F. Binacchi / ANP / 20 Minutes

ESPACE

Cannes: Comment la troisième génération des satellites Meteosat va «révolutionner la météorologie européenne»

En pleine fabrication dans les salles blanches de Thales Alenia space, ils devraient être mis en orbite à partir de la fin de l'année 2021

  • Six satellites Meteosat de nouvelle génération sont en construction près de la Croisette, à Cannes, dans les salles blanches de Thales Alenia space.
  • Ils seront équipés de nouvelles technologies, dont des imageurs d’éclaire et un sondeur infrarouge « unique au monde ».
  • Ces satellites devraient permettre « la prévision rapide des phénomènes météorologiques extrêmes ».

La formation des cellules orageuses observées de très près et chaque couche de l’atmosphère décortiquée… La prochaine et troisième génération de satellites Meteosat, en construction à Cannes, vient tout juste de passer avec succès l’étape des tests de structure. Elle devrait bientôt venir « révolutionner la météorologie européenne ».

Cette constellation de six engins fabriqués dans les salles blanches de Thales Alenia space (TAS) doit être mise en orbite à partir de la fin de l’année 2021, jusqu’en 2032.

« Préserver des vies, des biens et des activités »

Et c’est une très bonne nouvelle « pour la prévision rapide des phénomènes météorologiques extrêmes, contribuant ainsi à préserver des vies, des biens et des activités économiques », se réjouissent notamment les représentants d’Eumetsat, l’organisation européenne pour l’exploitation des satellites météorologiques qui regroupe 30 pays du continent.

Mais alors que feront-ils de plus que ceux des deux générations précédentes, également développés près de la Croisette depuis 1977 ? Ils seront capables de capturer des images en plus haute définition, avec des taux de transfert bien supérieurs, et en continu grâce à leur système de stabilisation sur trois axes. Alors que les autres satellites, « spinnés » (en rotation), ne peuvent observer que 5 % du temps.

« Prévenir à court terme l’arrivée de cellules très actives »

Mais leur efficacité accrue sera surtout le fait des outils supplémentaires qu’ils embarqueront, et notamment l’imageur d’éclairs qui équipera quatre des six satellites.

« Ce sera la première fois que l’on pourra avoir des informations capitales sur les éclairs directement depuis l’espace. Ce qui va nous permettre de prévenir à court terme l’arrivée de cellules très actives et potentiellement dangereuses, avance Nadia Fourrié du Centre national de recherches météorologiques auprès de Météo-France et du CNRS, qui avait fait le déplacement mardi à Cannes. Aujourd’hui, nous ne disposons que d’outils au sol. »

Le sondeur infrarouge, une « première mondiale » installée sur les deux autres satellites, va, lui, « permettre de voir les masses d’air, sur toutes les couches de l’atmosphère, en temps réel ». « Ce qui est aussi une vraie révolution », vante également Paul Blythe, le directeur du programme pour le compte de l’Esa, l’Agence spatiale européenne, qui a financé, avec Eumetsat, ce programme à 1,8 milliard d’euros.

Malgré ce contrat, l’activité en baisse chez TAS a fait apparaître un sureffectif de 500 personnes à Cannes et Toulouse. La direction indiquait mardi que des annonces pourraient intervenir ce mois-ci.