L'amour, une histoire de gènes

Yaroslav Pigenet

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Les hommes et femmes désemparés face aux mystères de l'amour ont enfin trouvé un film à leur mesure, "Leçons d'amour à l'italienne", qui à partir de mercredi leur permettra de plonger dans les affres de la conquête amoureuse mais aussi les aléas de la vie de couple.
Les hommes et femmes désemparés face aux mystères de l'amour ont enfin trouvé un film à leur mesure, "Leçons d'amour à l'italienne", qui à partir de mercredi leur permettra de plonger dans les affres de la conquête amoureuse mais aussi les aléas de la vie de couple. — AFP

Avoir quelqu’un dans la peau, c’est en fait l’avoir dans les gènes! C’est ce que suggère une étude génétique publiée vendredi dans la revue «PloS Genetics», qui montre que les gènes peuvent, autant que la culture, influencer le choix du conjoint.

 La diversité, c’est bon pour l’immunité
 

Les chercheurs savent depuis longtemps que le complexe majeur d’histocompatibilité (CMH), une zone de génome qui permet au système immunitaire de distinguer les cellules de l’organisme des autres, joue un rôle important dans le choix des partenaires sexuels chez de nombreuses espèces de vertébrés.

En effet, en s’accouplant avec un partenaire ayant des gènes CMH différents des siens, l’animal s’assure que sa descendance héritera d’un répertoire immunitaire plus varié, ce qui lui permettra de mieux faire face aux éventuelles infections.

 
Des gènes et des couples
 

Afin de vérifier si cette sélection sexuelle par l’immunité existe aussi chez l’homme l’ethnogénéticienne Raphaëlle Chaix et ses collègues du Muséum National d’Histoire Naturelle et du département de Statistique d’Oxford (Royaume-Uni) ont analysé les marqueurs génétiques de couples américains.

Ils ont ainsi constaté que – concernant les gènes du CMH- les conjoints des couples partagent en moyenne moins de marqueurs génétiques communs entre eux qu’avec le reste de la population.

 
Le test du T-Shirt mouillé
 

Bref, qu’ils en aient eu conscience ou non, les individus semblent s’être arrangés pour choisir des conjoints génétiquement différents en terme d’immunité. «Ce phénomène pourrait reposer sur notre capacité à discriminer les odeurs associées à certains types de CMH», précise Raphaëlle Chaix.

De fait des expériences antérieures, où l’on demandait à des sujets de choisir entre plusieurs T-shirts imbibés de sueur, ont montré que les femmes avaient tendance à choisir les textiles portés par des hommes dont le CMH était différent du leur. «Cette étude suggère que, dans certains cas, les humains dépendent de mobiles biologiques, en plus de mobiles sociaux, quand il s’agit de choisir un partenaire», conclut la chercheuse.