SpaceX lance les 60 premiers satellites de sa constellation Starlink

ESPACE Avec sa future constellation «Starlink», Elon Musk veut fournir internet à la planète entière depuis l'espace

20 Minutes avec AFP

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Lancement d'une fusée SpaceX Falcon 9 depuis la base aérienne de Vandenberg (Californie), le 11 janvier 2019.
Lancement d'une fusée SpaceX Falcon 9 depuis la base aérienne de Vandenberg (Californie), le 11 janvier 2019. — SIPA

La société spatiale californienne SpaceX a prévu de lancer ce jeudi les 60 premiers satellites de sa future constellation «Starlink», destinée à fournir internet à la planète entière depuis l’espace, et qui pourrait un jour compter 12.000 satellites.

La fusée Falcon 9 de la société créée par Elon Musk doit décoller de Cap Canaveral en Floride à 22h30 (2h30 GMT ce vendredi), avec à son sommet une coiffe entièrement remplie par les 60 satellites. Le lancement était initialement prévu mercredi soir mais a été reporté en raison des vents.

SpaceX, leader du marché des lancements, veut saisir une part du futur marché de l’internet de l’espace, que convoitent de nombreuses rivales, comme la start-up OneWeb, ou le géant Amazon, qui est bien moins avancé (projet Kuiper).

Elon Musk espère à terme gagner 3 à 5 % du marché mondial de l’internet, une part qu’il a évaluée ce mercredi, lors d’une conférence téléphonique avec la presse, à 30 milliards de dollars par an, soit dix fois plus que ce qu’il gagne avec ses lanceurs. Le but : financer le développement de ses fusées et vaisseaux spatiaux. Le patron a pour rêve de coloniser Mars.

Remplacer les satellites régulièrement

Chaque satellite de Starlink pèse seulement 227 kilogrammes et a été fabriqué en interne à Redmond, près de Seattle.

Le second étage de la fusée commencera à les libérer une heure après le lancement, à 440 km d’altitude, puis ils se propulseront chacun jusqu’à une orbite relativement basse, de 550 km d’altitude, soit au-dessus de la Station spatiale internationale (environ 400 km) mais bien en dessous de la plupart des autres satellites en orbite terrestre, notamment ceux en orbite géostationnaire à 36.000 km.

L’intérêt d’être aussi bas est que le temps de réponse des satellites sera très faible pour les utilisateurs au sol, puisque la distance sera faible. L’inconvénient est qu’il faut beaucoup de satellites pour mailler le globe, et qu’ils « retombent » plus vite dans l’atmosphère, au bout de quelques années. SpaceX devra les remplacer régulièrement.

Cela est devenu possible récemment avec la baisse rapide du coût de fabrication des satellites et le développement des mini-satellites.

Une douzaine de lancements à venir

SpaceX a obtenu l’autorisation par les autorités américaines de lancer 12.000 satellites, répartis sur plusieurs orbites, mais Elon Musk a expliqué mercredi qu’un millier suffirait à rendre le système « économiquement viable ». Le patron a dit que le système commencerait à être réellement opérationnel avec environ 800 satellites, ce qui nécessiterait encore une douzaine de lancements.

« Je pense que d’ici un an et demi ou deux ans, SpaceX aura probablement plus de satellites en orbite que l’ensemble des autres satellites », a dit Elon Musk. Il y a aujourd’hui environ 2.100 satellites actifs en orbite terrestre (des milliers d’autres restent en orbite mais ne sont plus opérationnels).

Pour recevoir l’internet de SpaceX, une antenne plate de la taille d’une « boîte moyenne de pizza » sera nécessaire, selon lui. La société s’associera sans doute avec des opérateurs de télécommunications, mais n’a pas encore commencé à prospecter de clients, a-t-il dit.

Enfin, pour minimiser le risque de collision entre satellites, chaque élément de la constellation intègre une technologie anti-collision, selon SpaceX. Les satellites seront conçus pour retomber et brûler à 95 % dans l’atmosphère au bout de quelques années. Le reste tombera dans le Pacifique.