VIDEO. Le premier tremblement de la planète Mars a été détecté grâce au sismomètre SEIS

ESPACE Le sismomètre français SEIS, déposé sur le sol martien en décembre dernier par l’atterrisseur InSight, vient d’enregistrer son premier signal, en provenance du cœur de la planète rouge

Beatrice Colin

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Lors de la pose du bouclier du sismomètre SEIS.
Lors de la pose du bouclier du sismomètre SEIS. — NASA
  • Le 26 novembre, InSight, un atterrisseur de la Nasa, se posait sur Mars.
  • A son bord, le sismomètre français SEIS, conçu par le CNES pour écouter battre le cœur de la planète rouge.
  • Le 6 avril dernier, lors du 128e jour martien de la mission, SEIS a enregistré pour la première fois un signe d’activité sismique de Mars.

C’était sa mission. Et il vient de la remplir avec succès. Après l’atterrissage réussi le 26 novembre sur Mars de la mission InSigt, le sismomètre français, déposé quelques jours plus tard sur le sol de la planète rouge, vient d’enregistrer un signal sismique, une première mondiale.

Ecouter battre le cœur de Mars était le principal objectif de cette mission. Cette première onde enregistrée a été captée par le sismomètre le 6 avril dernier, lors du 128e jour martien de la mission. « Un signal sismique faible mais distinct, semblable aux signaux sismiques captés à la surface de la Lune lors des missions Apollo », précise le Centre national d'études spatiales dont les équipes ont porté le projet SEIS.

« Un tel tremblement n’aurait pas été détectable sur Terre mais la surface martienne, extrêmement stable, a permis aux capteurs très sensibles du sismomètre de capter ce faible signal », poursuit le CNES.

Baptisé « Sol 128 », ce signal pourrait donc provenir de l’activité géologique de Mars, et non des vents qui soufflent à la surface de la planète rouge. Mais il n’est pas encore assez fort pour faire parler le cœur de Mars.

S’inspirer des travaux sur la Lune

Pour connaître l’activité de la Lune, sa structure interne et la taille de son noyau, les astronautes de la NASA ont dû mesurer et compulser les données issues de milliers de séismes enregistrés entre 1969 et 1972. Elles ont permis de mieux comprendre la formation de la Lune.

SEIS a encore pas mal de boulot avant de pouvoir livrer aux scientifiques des informations qui leur permettront de mieux comprendre la formation d’une telle planète tellurique.

« Jusqu’à présent, nous avons collecté des bruits de fond, mais ce premier séisme marque la naissance officielle d’une nouvelle discipline : la sismologie martienne », assure Bruce Banerdt, responsable scientifique de la mission InSight au Jet Propulsion Laboratory (JPL) de la NASA basé à Pasadena, en Californie.

Au-delà du « Sol 128 », SEIS a capté trois autres signaux, bien plus faibles, mais qui pourraient aussi être d’origine sismique. « C’est formidable d’avoir enfin le signe qu’il existe encore une activité sismique sur Mars. Nous sommes impatients de pouvoir communiquer des résultats détaillés, dès que nous aurons étudié de plus près et modélisé nos données », enchaîne Philippe Lognonné, géophysicien à l’Institut de physique du globe de Paris (IPGP) et responsable scientifique de SEIS.

Contrairement à nos tremblements de terre, les soubresauts de Mars n’ont rien à voir avec la tectonique des plaques. Et pour cause, il n’y en a pas. Par contre, comme la Terre et la Lune, la planète rouge peut-être sujette à des séismes provoqués par des failles ou des fractures de sa croûte.

Les prochains enregistrements pourraient permettre à l’avenir de savoir comment Mars s’est formée et pourquoi elle s’est transformée en un vaste désert froid et sec, sans activité volcanique.