VIDEO. La sonde israélienne Beresheet rate son atterrissage sur la Lune

CRASH Première mondiale, la sonde a été développée par une organisation privée et non par un programme spatial national

20 Minutes avec AFP

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L'une des dernières photos de la Lune prise par la sonde israélienne Beresheet avant son crash, le 11 avril 2019.
L'une des dernières photos de la Lune prise par la sonde israélienne Beresheet avant son crash, le 11 avril 2019. — AFP

Panne moteur à quelques kilomètres de la surface de la Lune. La tentative d’Israël de réussir un alunissage a échoué à la dernière minute jeudi soir. Sa sonde, qui est la première au monde à avoir été financée par des fonds privés, s’est probablement écrasée à la surface du satellite.

« Nous n’y sommes pas arrivés », a déclaré l’homme d’affaires et philanthrope Morris Kahn, qui a largement financé le projet, par vidéo en direct depuis le centre de contrôle de la mission, près de Tel Aviv. « Je pense que c’est vraiment énorme d’être allés jusqu’où nous sommes allés, je pense que nous pouvons être fiers », a-t-il ajouté.

Une immense araignée à cinq pattes

« Si vous ne réussissez pas la première fois, vous réessayez », a déclaré le Premier ministre Benjamin Netanyahou depuis la salle de contrôle, où il assistait à la tentative d’alunissage en compagnie de l’ambassadeur américain en Israël David Friedman.

Baptisée Beresheet (Genèse, en hébreu), cette sonde de 585 kilos ressemblant à une immense araignée à cinq pattes était un objet de fierté en Israël, qui espérait devenir après les Etats-Unis, la Russie et la Chine le quatrième pays à faire se poser un appareil sur le satellite distant de 384.000 km de la Terre.

Netanyahou ouvre la voie à un programme spatial

Première mondiale, la sonde a été développée par une organisation privée, SpaceIL, qui a travaillé en partenariat avec la société Israeli Aerospace Industries (IAI), une des plus grandes entreprises de défense israéliennes. Morris Khan, patron de SpaceIL, a contribué à hauteur de 40 millions de dollars au budget de la mission, d’un montant de 100 millions de dollars.

Juste avant la tentative d’alunissage, Benjamin Netanyahou a indiqué qu’il réfléchissait à lancer un programme spatial national. « Je réfléchis sérieusement à investir dans un programme spatial », a-t-il dit. « Cela a des implications nationales pour Israël, et pour l’humanité ».

Un projet lancé par Google en 2010

L’engin avait été lancé le 22 février depuis la base américaine de Cap Canaveral en Floride, via une fusée Falcon 9 de la firme américaine SpaceX, fondée par l’entrepreneur Elon Musk. Il devait alunir après avoir parcouru quelque 6,5 millions de kilomètres, à une vitesse maximale de 10 kilomètres par seconde (36.000 km/h), selon les partenaires du projet.

Pour Israël, l’alunissage en soi était la mission principale, même si un instrument scientifique avait été emporté pour mesurer le champ magnétique lunaire. Une capsule dans la sonde contenait également des disques numériques avec des dessins d’enfants, des chansons et des images de symboles israéliens, les souvenirs d’un rescapé de la Shoah et une Bible.

Le projet a débuté dans le cadre du Google Lunar XPrize qui, en 2010, voulait récompenser de 30 millions de dollars le premier appareil privé à alunir avant mars 2018. Aucun candidat n’y est parvenu à temps, mais l’équipe israélienne a poursuivi la démarche et acheté une place dans la fusée de SpaceX.