Comment le Sras passe à l’homme

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Une équipe sino-américaine de biologistes vient d’établir un « arbre généalogique » des différentes souches de virus responsables de l’épidémie de syndrome respiratoire aigu sévère (Sras). Au moment où l’on redoute l’apparition d’une nouvelle vague épidémique de Sras, voire de grippe aviaire, cette étude publiée dans la revue Science montre comment un virus animal peut muter pour s’adapter à l’homme et devenir de plus en plus virulent au fil du temps. Le Sras, apparu fin 2002 en Chine, a touché plus de 8 000 personnes, causant près de 800 décès. Toutefois, entre novembre 2002 et juin 2003 – fin « officielle » de l’épidémie –, le virus n’a cessé d’évoluer et de « s’améliorer ». Les chercheurs ont donc analysé les séquences génétiques de plus de 63 souches du virus collectées durant toutes les phases de l’épidémie. Ils se sont aperçus que durant la phase initiale de l’épidémie, le virus a connu de nombreuses mutations et qu’il est passé à plusieurs reprises de la civette à l’homme. Plusieurs souches très proches du virus animal ont alors pu être identifiées. Le tournant majeur de l’épidémie a eu lieu fin janvier 2003, lorsque 106 personnes ont contracté le Sras dans l’hôpital de Guangzhou. A partir de ce moment, le virus, désormais bien adapté à l’homme, a connu une nette diminution de son taux de mutation. Le taux de transmission du virus par contact humain direct, qui n’était que de 3 % au début de l’épidémie, est passé en quelques mois à 70 % ! Et deux souches du virus se sont imposées jusqu’à la fin de l’épidémie.