Un télescope européen découvre des centaines de milliers de galaxies et des objets non identifiés

ASTRONOMIE 90 % des galaxies découvertes par Lofar n’avaient jamais été repérées jusqu’alors

L.Br. avec AFP

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Image d'illustration d'une galaxie prise par le téléscope Hubble en 2015, à 70 millions d'années-lumières de la Terre.
Image d'illustration d'une galaxie prise par le téléscope Hubble en 2015, à 70 millions d'années-lumières de la Terre. — ESA/HUBBLE & NASA / AFP

Que trouve-t-on aux confins de l’univers observable ? Des galaxies par milliers et « des choses que l’on ne connaît pas », d’après un radiotélescope européen novateur. Cette nouvelle carte de l'univers révèle plus de trois cent mille objets célestes, pour une grande part inconnus jusqu’alors.

« Nous ouvrons une nouvelle fenêtre sur l’univers », explique à l’AFP Cyril Tasse, astronome à l’Observatoire de Paris, qui a participé à ces travaux publiés ce mardi. Si l’univers peut être infini, les astronomes estiment que sa partie « observable » hébergerait environ 100 milliards de galaxies.

Des objets « énigmes »

Après des milliers d’heures d’observation, réparties sur plus de trois ans, explique-t-il, le radiotélescope européen Lofar livre sa première carte du ciel où cohabitent « des choses que l’on connaît et des choses que l’on ne connaît pas, totalement nouvelles et surprenantes ». « Ces images sont maintenant publiques et permettront aux astronomes d’étudier l’évolution des galaxies avec une précision sans précédent », assure dans un communiqué Timothy Shimwell, de l’Institut néerlandais de radioastronomie (Astron), qui étudie les données et de l’université de Leyde.

Outre des centaines de milliers de galaxies, dont 90 % n’avaient pas encore été détectées, et quelques objets « énigmes », le radiotélescope a également débusqué un grand nombre d’amas de galaxies. Ces « objets les plus grands de l’univers », en entrant en collision, génèrent des émissions radio qui peuvent s’étendre sur des millions d’années-lumière. « En astronomie, plus on regarde loin, plus on observe le passé », explique Cyril Tasse.

Des clés sur la formation des trous noirs

« Sur ces centaines de milliers de galaxies détectées, certaines sont très proches et donc très récentes, et d’autres sont très éloignées donc très vieilles », permettant de « dérouler le film » de leur vie. Les astronomes espèrent ainsi en apprendre plus sur la formation des trous noirs super massifs, un des grands mystères de l’univers. Les chercheurs du projet international Lofar estiment que d’ici à 2024 le télescope aura permis la détection de 15 millions de sources radio et livré 48 pétaoctets de données, « soit l’équivalent d’une pile de DVD d’une hauteur de presque 40 tours Eiffel ».

A l’origine de cette nouvelle carte du ciel, qui fait l’objet de 26 articles dans la revue Astronomy & Astrophysics, une équipe internationale de plus de 200 astronomes et un « instrument révolutionnaire » : le radiotélescope Lofar (Low Frequency Array). Non content d’être l’un des plus grands radiotélescopes du monde avec ses 100.000 antennes réparties en Europe, le Lofar a la particularité d’opérer à très basses fréquences (entre 10 et 250 mégahertz). C’est-à-dire de « voir » l’univers à travers ses particules qui émettent à basse fréquence, les particules ultra-énergétiques.