Grasse: Une station météo sous-marine prédit l'avenir pour les poissons d'élevage

SCIENCE La start-up grassoise Bioceanor développe une station météo sous-marine connectée et un service prédictif…

Mathilde Frénois

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L’une des bouées et sa station météo ont été installées en Polynésie française.
L’une des bouées et sa station météo ont été installées en Polynésie française. — Bioceanor

Et si on lisait l’avenir dans les eaux (plus ou moins troubles) des océans ? C’est ce que propose la start-up installée à Grasse  Bioceanor. Ses fondateurs Samuel et Charlotte Dupont « ouvrent le dialogue avec les océans ». Grâce à une station météorologique sous-marine et connectée, ils ont mis en place un système prédictif qui permet de mieux répondre aux besoins de l’aquaculture.

Chlorophile, température, taux d’oxygène, de PH, turbidité sont mesurés dans les élevages. C’est une box électronique accrochée à une bouée qui permet de relever puis d’envoyer ces données.

Avec un algorithme

« Derrière, on propose des services prédictifs, avec un algorithme, pour savoir quelle va être l’évolution dans les 48 prochaines heures, détaille Samuel Dupont. S’il va manquer d’oxygène par exemple car il fait trop chaud ou car le nombre de bactéries est élevé, il est alors possible d’agir en amont au lieu de subir les phénomènes. Les éleveurs ont le temps de mettre à l’abri leur production. »

En France, 3 500 entreprises travaillent dans le domaine de la pisciculture, de l’aquaponie et de la production de spiruline. « La diminution du stock naturel de poissons a fait pousser l’aquaculture, note le cofondateur. Pour la première fois cette année, l’aquaponie est majoritaire. » En 2018, 52 % des poissons et des fruits de mer vendus provenaient de l’aquaculture. Ainsi, huîtres, moules, dorades, loups, truites pourront profiter de cette innovation.

Une technologie qui peut aussi être mise au service de la surveillance de la qualité sanitaire des plages, des ports ou pour une surveillance environnementale. Une bouée au large de la Polynésie française surveille déjà la barrière de corail.