Le pôle Nord magnétique se déplace plus vite que prévu et perturbe la navigation

BOUSSOLE Face à l’accélération du déplacement naturel du Pôle Nord magnétique, le modèle d’assistance à la navigation maritime et aérienne en Arctique va devoir être actualisé plus vite que prévu…

20 Minutes avec agence

— 

Une boussole et un compas. illustration
Une boussole et un compas. illustration — SUPERSTOCK/SUPERSTOCK/SIPA

Le point qui marque le pôle Nord magnétique se déplace plus vite que prévu depuis quelques dizaines d’années et ce phénomène n’est pas sans conséquences. Ainsi, des scientifiques britanniques et américains ont indiqué ce vendredi que l’actualisation du modèle d’assistance à la navigation maritime et aérienne en Arctique devait être anticipée, rapporte Reuters.

L’opération devait initialement n’avoir lieu qu’en 2020. Elle a dans un premier temps été avancée à ce mardi 15 janvier. Finalement, la mise à jour a été décalée au 30 janvier prochain à cause du « shutdown » des administrations américaines, rapporte le journal Nature.

Un déplacement naturel

Le pôle Nord magnétique « se déplace d’une cinquantaine de kilomètres par an. Il n’avait pas beaucoup bougé entre 1900 et 1980 mais son déplacement a vraiment accéléré ces quarante dernières années », a déclaré l’expert Ciaran Beggan, du British Geological Survey (BGS) à Edimbourg.

Ce point vers lequel se dirigent les aiguilles des boussoles dans l’hémisphère Nord se trouvait sur la côte nord du Canada il y a un siècle. Aujourd’hui, il est situé en plein océan Arctique et glisse vers la Russie. Les spécialistes cherchent à comprendre les raisons de ce mouvement, qui pourrait être lié à un déplacement de fer liquide sous le Canada.

Un modèle utilisé par l’Otan

« Le fait que ce pôle se déplace vite rend cette région plus vulnérable à d’importantes erreurs. (…) La marge d’erreur augmente en permanence », explique le géomagnétiste Arnaud Chulliat.

Le fonctionnement des GPS, qui repose sur des coordonnées fournies par des satellites, n’est cependant pas impacté. Mais l’Otan, les bateaux civils et les armées américaine et britannique notamment utilisent le Modèle magnétique mondial (WMM) pour naviguer. D’où la nécessité de mettre à jour les données datant de 2015 bien avant 2020.