Les premiers bracelets électroniques ont été posés cette semaine aux chevilles de bébés nés à la maternité de l'hôpital intercommunal de Montfermeil (Seine-Saint-Denis), première maternité en France à tester ce dispositif anti-enlèvement.
Les premiers bracelets électroniques ont été posés cette semaine aux chevilles de bébés nés à la maternité de l'hôpital intercommunal de Montfermeil (Seine-Saint-Denis), première maternité en France à tester ce dispositif anti-enlèvement. — Olivier Laban-Mattei AFP

Sciences

Une explication à la mort subite du nourrisson?

MEDECINE – Une étude montre qu’une altération du fonctionnement de certains neurones pourrait en être responsable...

Une altération des neurones dans le cerveau, les empêchant d'utiliser la sérotonine pour transmettre des signaux, expliquerait la mort subite du nourrisson (MSN), selon des travaux effectués sur des souris par des chercheurs européens et publiés jeudi dans la revue « Science ».

 
La sérotonine suspectée

Le syndrome MSN, qui frappe des enfants en bonne santé de façon soudaine et inexpliquée, est la principale cause de décès des bébés entre un mois et un an dans les pays développés. Jusqu’ici, les chercheurs n’ont pu établir avec certitude la cause du syndrome, mais des études ont révélé des anomalies dans le fonctionnement du cerveau des enfants morts de MSN. Ces travaux, publiés en 2006 par l’équipe de Hanah Kinney, de la Harvard Medical School de Boston (Etats-Unis) avaient permis de mettre en évidence des altérations pathologiques des neurones «à sérotonine» du tronc cérébral qui pourraient expliquer la MSN.

 
Modèle animal

Afin de prolonger cette étude, Cornelius Gross et ses collègues du Laboratoire Européen de Biologie Moléculaire (EMBL) de Monterotondo (Italie) ont développé un modèle animal de ces altérations. Ils ont notamment altéré un récepteur à la sérotonine pour comprendre le rôle de ce neuromédiateur dans la transmission des signaux des neurones du tronc cérébral.

 

Situé à la base du cerveau, le tronc cérébral coordonne de nombreuses fonctions vitales dont les systèmes cardiovasculaire et respiratoire. Les neurones du tronc cérébral utilisent la sérotonine pour communiquer avec les cellules nerveuses de la moelle épinière qui contrôlent le muscle cardiaque et les organes impliqués dans la régulation de la température corporelle.

 
Altération fatale

Les souris dont le récepteur à la sérotonine était altéré étaient d’apparence normale. Mais les chercheurs se sont aperçus que contrairement aux souris normales, ces souris «modifiées» connaissaient de brusques crises qui se manifestaient par d’importantes baisses de la température corporelle et du rythme cardiaque. Plus de la moitié de ces souris sont finalement mortes subitement de ces crises au tout début de leur vie. Ce qui confirme, selon Gross, qu’un défaut congénital dans la régulation de la sérotonine est suffisant pour déclencher la mort… chez la souris.

 

Une piste, mais pas encore de solution

L’équipe s’est par ailleurs aperçue qu’il était possible de prévenir les crises en administrant aux souris une drogue qui bloque les récepteurs altérés. Toutefois, les chercheurs restent très prudents quant à la portée de leur découverte pour le traitement de la MSN. «Même si ce qui s’est passé dans le système sérotoninergique des enfants morts de MSN ressemble à ce qui est arrivé à nos souris, nous ne pouvons pas dire pour l’instant si les deux phénomènes reposent sur des mécanismes identiques» prévient Cornelius Gross. «Toutefois, nos résultats devraient inciter les cliniciens qui étudient la MSN à s’intéresser de plus prés aux désordres du système nerveux végétatif des nourrissons».