Nasa: Une sonde doit survoler Ultima Thule le jour du Nouvel An pour une première historique

ESPACE Le 1er janvier, la sonde New Horizons doit survoler et prendre des photos d’Ultima Thule, un objet céleste situé dans la ceinture de Kuiper à quelque 4,8 milliards de kilomètres du Soleil…

20 Minutes avec agences

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La sonde New Horizons doit survoler Ultima Thule à 5h33 le 1er janvier.
La sonde New Horizons doit survoler Ultima Thule à 5h33 le 1er janvier. — AP/SIPA

Il s’agira d’un survol historique pour le jour du nouvel An. Une sonde de la Nasa doit survoler Ultima Thule, l’objet céleste le plus éloigné jamais étudié. Découvert en 2014 par le télescope Hubble, il s’agit d’une relique glacée datant des débuts du système solaire.

Le 1er janvier à 5h33 et à environ 6,4 milliards de kilomètres de nous, la sonde New Horizons doit passer à seulement 3.500 kilomètres au-dessus de la surface de cet objet spatial. Soit trois fois plus près que la distance à laquelle elle avait approché Pluton en 2015. Son survol aura d’ailleurs son hymne, composé par le guitariste de Queen, Brian May.

Dans la ceinture de Kuiper

Ultima Thule a été nommé ainsi d’après une île lointaine de la littérature médiévale. « C’est réellement l’objet le plus primitif jamais rencontré par un engin spatial », indique Hal Weaver, du laboratoire de physique appliquée à l’université Johns Hopkins. Les scientifiques ne sont pas sûrs de sa taille, l’estimant environ 100 fois plus petit que la planète naine Pluton dont le diamètre est proche de 2.400 km.

Ultima Thule évolue dans une zone aux températures négatives, ce qui laisse penser qu’il est bien préservé. Il se situe dans la ceinture de Kuiper, découverte dans les années 1990 et qui se trouve à quelque 4,8 milliards de kilomètres du Soleil. Ce vaste disque cosmique est un reliquat de l’époque de la formation des planètes que les astronomes appellent parfois le « grenier » du système solaire.

Découvrir « comment les choses étaient au tout début »

La ceinture de Kuiper « grouille littéralement de milliards de comètes, de millions d’objets comme Ultima Thule - qui sont appelés planétésimaux, corps célestes à partir desquels les planètes se sont formées - et une poignée de planètes naines de la taille d’un continent, comme Pluton », explique Alan Stern, l’un des responsables de New Horizons.

« C’est important pour nous dans la science des planètes car cette région du système solaire, si loin du Soleil, conserve les conditions originelles d’il y a 4,5 milliards d’années », ajoute-t-il. « Donc lorsque nous survolerons Ultima, nous serons capables de voir comment les choses étaient au tout début. »

Un survol très risqué pour New Horizons

La sonde New Horizons, lancée par la Nasa en 2006, parcourt l’univers à 51.500 kilomètres par heure. A cette vitesse, si elle heurtait un débris aussi petit qu’un grain de riz, elle pourrait être détruite instantanément. Pendant son survol d’Ultima Thule, elle va prendre des centaines de photos qui devraient permettre d’en révéler la forme et la géologie pour la première fois.

New Horizons avait déjà envoyé des images époustouflantes de Pluton en 2015. Cette fois, « nous allons essayer de prendre des images à une résolution trois fois supérieure à celle que nous avions pour Pluton », souligne Alan Stern. Mais, selon lui, le survol « requiert une navigation extrêmement précise. Bien plus précise que celle que nous avons expérimentée auparavant ».