Cannes: Le Stratobus, futur concurrent des satellites, en préproduction près de la Croisette

ESPACE Ce ballon dirigeable pourrait commencer à flotter dans la stratosphère dès 2022…

Fabien Binacchi

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Guy Boullenger (à g.) et Yannick Combet autour de ce projet lancé en 2009
Guy Boullenger (à g.) et Yannick Combet autour de ce projet lancé en 2009 — F. Binacchi / ANP / 20 Minutes
  • Le projet Stratobus, dont l’idée a été lancée en 2009, va entrer dans sa phase de préproduction avec la construction de deux prototypes.
  • Conçu à Cannes, ce dirigeable stratosphérique pourrait, dès 2024, concurrencer les satellites sur certaines applications, à moindres frais.
  • Le ballon de 140 m de long et 32 m de large évoluera entre 18 et 20 km d’altitude, loin des satellites, en orbite à plus de 350 km au-dessus de nos têtes.

Il viendra concurrencer les satellites, à plus basse altitude et surtout… à moindres frais. Développé à Cannes par Thales Alenia Space,le Stratobus, un ballon stratosphérique de 140 m de long et 32 m de large, vient tout juste d’entrer dans sa phase de préproduction.

« Nous avons validé les études de faisabilité et nous allons passer à la création des premiers prototypes de 13 m et de 40 m de longueur, a annoncé mardi Yannick Combet, le chef de ce projet, dont l’idée est née en 2009. Les matériaux [capables de résister à des températures oscillant entre -90°C et +55°C] ont été éprouvés par des tests en soufflerie. Nous avons aussi essayé le générateur solaire. » Sur le ballon, jusqu’à 1.100 m2 de panneaux photovoltaïques propulseront quatre hélices de 7 m d’envergure.

Premiers vols dès 2022

Depuis le lancement du programme, en 2016, la forme du ballon a évolué : elle est encore plus oblongue aujourd’hui. Dans les ateliers de Cannes-la-Bocca, le design serait arrêté et, désormais, seuls quelques aspects techniques pourraient encore évoluer.

Un vol test est programmé pour 2022 et la première application réelle, avec une « charge utile » (c’est-à-dire des équipements de transfert de données, de positionnement ou encore d’observation installés dans une nacelle placée sous l’engin), en 2024.

Surveillance, sécurité et communications civiles

« Nous sommes déjà en contact avec beaucoup de gens, notamment dans les domaines de la surveillance et de la sécurité, entre autres militaire, mais aussi pour des communications civiles », dévoile Guy Boullenger, directeur de développement de Stratobus chez Thales Alenia Space. Le spécialiste cannois de l’espace a déjà investi 45 millions d’euros (avec des fonds d’innovation de l’Etat) dans le projet.

Contrairement aux satellites, qui évoluent entre 350 et 800 km d’altitude, ce nouveau véhicule restera, lui, en vol stationnaire entre 18 et 20 km au-dessus de nos têtes et des couloirs aériens (environ 10 km). Et, surtout, il ne nécessitera pas de lanceur, type Ariane 5. « Le coût sera au moins dix fois inférieur à celui d’un satellite traditionnel, vante le directeur. Avec une durée de vie supérieure de cinq ans. »