L'être humain marchera sur Mars d'ici 25 ans, estime la Nasa

ESPACE Les astronautes risquent des radiations mortelles, de potentielles pertes de vision et une atrophie des os après ce voyage de neuf mois…

20 Minutes avec AFP

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Des astronautes à Oman, lors d'une simulation de vie sur Mars, en février 2018.
Des astronautes à Oman, lors d'une simulation de vie sur Mars, en février 2018. — KARIM SAHIB / AFP

Si deux robots se sont déjà posés sur le sol martien, aucun être humain n’a encore foulé la planète rouge à cause de la complexité d’une telle mission. Mais la Nasa pense y arriver. L’agence spatiale américaine a même fixé une date : l’Homme devrait marcher sur Mars aux alentours de 2043, soit moins de cent ans après l’atterrissage sur la Lune en 1969.

Radiations mortelles, potentielles pertes de vision et atrophie des os… Le voyage vers Mars n'a rien d'une escapade détente. Neuf mois de transport, sans gravité, sont susceptibles d’altérer les vaisseaux sanguins dans la rétine, causant une dégradation de la vision. Un séjour prolongé dans l’espace entraîne également une perte de calcium dans les os.

Des taux de radiations considérables pour les astronautes

« Avec le budget actuel, ou un budget un peu augmenté, cela prendra 25 ans pour régler ces problèmes », a prédit l’astronaute à la retraite Tom Jones, à la retraite depuis 2001. Difficile d’évaluer précisément pour les scientifiques les effets qu’aurait une mission d’un an sur Mars. « Il faut que l’on commence dès maintenant à se concentrer sur certaines technologies clés », a expliqué Tom Jones à des journalistes à Washington.

La solution pour épargner le corps humain passerait selon lui pas une réduction du temps de trajet vers Mars, via notamment des systèmes de propulsion nucléaire. Il faut également trouver une solution au problème des radiations : en un trajet vers Mars, un astronaute en absorberait autant que pendant l’intégralité de sa carrière. « Nous n’avons pas encore la solution en matière de protection des rayons cosmiques et des éruptions solaires », a reconnu Tom Jones. Mais les experts ont identifié plusieurs technologies à développer, notamment concernant le départ de la planète.

En attendant d’envoyer des humains, la Nasa a lancé en mai la sonde InSight qui doit se poser sur Mars le 26 novembre. Le but de cette mission à 993 millions de dollars : étudier sa structure interne pour mieux comprendre comment se forment les planètes rocheuses du système solaire, dont la Terre fait partie. Une autre mission doit permettre, en 2020, d’envoyer un nouveau rover sur Mars pour déterminer l’habitabilité de l’environnement martien et chercher des signes de vie ancienne.