Strasbourg: Aidez les chercheurs de l'université à lutter contre la douleur

RECHERCHE Huit ans après des débuts réussis, la Fondation de l'université (et des hôpitaux) de Strasbourg lance une nouvelle campagne de mécenat visant à financer 12 projets. Dont des travaux sur la douleur...

Bruno Poussard

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Une salariée souffrant de mal de dos. Illustration
Une salariée souffrant de mal de dos. Illustration — AIRIO/LEHTIKUVA OY/SIPA
  • Huit ans après ses débuts, la Fondation de l’université (et des hôpitaux) de Strasbourg lance une nouvelle campagne de dons visant à financer 12 projets.
  • Parmi eux, le tout jeune pôle « Pain initiative » - de lutte contre la douleur - qui a déjà lancé une école d’excellence pluridisciplinaire avec ses experts reconnus.
  • Après avoir déjà récolté une trentaine de millions d'euros depuis 2010, la Fondation dédiée aux dons (publics et privés) vise désormais les 50 d'ici 2022.

Dans l’hexagone, Strasbourg est à la pointe de la lutte contre la douleur. Mal de dos ou autres problèmes chroniques, fibromyalgie méconnue, 16 laboratoires de recherche cherchent à en savoir plus sur ces souffrances. Pour en expliquer les mécanismes et les traiter. Après le lancement d’une école universitaire d’excellence, des chercheurs veulent aller encore plus loin.

C’est pour cela que le jeune pôle « Pain initiative » est intégré dans l’énorme campagne de mécénat de l’université (Unistra) et des hôpitaux (Hus) de Strasbourg (Bas-Rhin) dévoilée ce lundi. Déjà la première à lancer une telle collecte en France en 2010 (pour 22,5 millions d’euros en quatre ans), l’Unistra remet ça. En voulant, au total, atteindre 50 millions désormais.

Parmi eux, le pôle scientifique sur la douleur espère obtenir 1,2 million. Une somme au triple objectif. Créer une nouvelle chaire avec une équipe d’enseignement et de recherche d’excellence sur une thématique. Soutenir de nouveaux contrats doctoraux pour pousser plusieurs pistes de recherche en thèse. Puis centraliser une plateforme d’essais cliniques à l’hôpital.

Des chercheurs de plusieurs secteurs en lien sur la douleur

« La lombalgie chronique est par exemple la quatrième maladie la plus invalidante dans le monde », rappelle Pierrick Poisbeau, professeur des universités. Depuis la rentrée, ce spécialiste des neurosciences depuis 20 ans est aussi directeur de la Graduate school of pain, l’Ecole universitaire de recherche interdisciplinaire sur la douleur​ visant à « former de futurs leaders de demain ».

Financée par un programme ministériel, elle forme déjà une promotion de 15 médecins et neuroscientifiques pour cinq ans (de master puis doctorat). Avec des cours en neurosciences, chimie, psychologie, sciences humaines… A l’université, au CNRS, à l’Inserm ou en services hospitaliers, des scientifiques de divers secteurs bossent ensemble sur plusieurs projets.

Attirer 20 millions de nouveaux dons en quatre ans

A l’image de la douleur, 12 grands projets ont été retenus dans la nouvelle campagne de mécénat portée par la Fondation de l’université de Strasbourg. Pour des besoins techniques, infrastructures ou moyens humains. Comme un programme non-invasif de diagnostic et de soin du cancer du foie. Ou la finalisation d’un centre franco-allemand de physique quantique.

« Depuis 2010, on a levé une trentaine de millions d’euros à l’heure actuelle », décrit Régis Bello, son président. Atteindre 50 millions d’ici 2022 n’a rien d’inatteignable. Car tout le monde peut donner. En choisissant un projet précis ou non. Sur les 2.000 premiers donateurs, les simples citoyens sont bien majoritaires mais 90 % du total provient d’entreprises.

A propos de ces 3,5 millions de dons reçus en moyenne par an (face aux 450 millions d’euros de budget de l’Unistra et au milliard des Hus), le président de l’université de Strasbourg Michel Deneken termine : « Il n’est pas question de compenser les manques de l’Etat, mais on ne peut plus imaginer l’université sans partenariats avec le monde socio-économique. »