Côte d'Azur: Elle veut mettre l’intelligence artificielle au service de la lutte contre le cancer

SANTE Fanny Orlhac vient de recevoir la bourse L’Oréal-Unesco pour ses travaux sur la prédiction informatisée de réponse aux traitements…

Fabien Binacchi
— 
La chercheuse de 29 ans étudie des clichés de tumeurs mammaires
La chercheuse de 29 ans étudie des clichés de tumeurs mammaires — C. Diner / Fondation L'Oréal
  • Fanny Orlhac fait partie des 30 récipiendaires de la bourse L’Oreal-Unesco 2018, qui récompense et promeut chaque année la recherche scientifique au féminin.
  • A Sophia-Antipolis, la jeune chercheuse de 29 ans s’emploie à appliquer l’intelligence artificielle à la lutte contre certains cancers.
  • Elle développe des algorithmes permettant de prédire la réponse aux traitements en utilisant notamment les clichés d’imagerie médicale.

Sur l’écran de son ordinateur, elle fait défiler des clichés de tumeurs mammaires à des stades avancés. Autant de destins bouleversés par la maladie que Fanny Orlhac pourrait bientôt soulager grâce à ses travaux.

Récipiendaire de la bourse L’Oréal-Unesco - qui récompense et promeut chaque année la recherche au féminin, la scientifique de l’Institut national de recherche en informatique et en automatique (Inria) à Sophia-Antipolis veut mettre l’intelligence artificielle au service de la santé.

Tenter de prédire la réponse des patientes aux différents traitements

« Nous essayons de développer des algorithmes pour prédire la réponse des patientes aux différents traitements, explique la scientifique de 29 ans. Le but est de proposer les médicaments les mieux adaptés. »

Concrètement, un logiciel viendra appuyer les médecins en compilant des images de PET scan et des indicateurs biologiques. Pour faire avancer ses recherches au sein du laboratoire Epione de l’Inria, Fanny Orlhac utilise les données transmises par le centre Antoine-Lacassagne à Nice et le CHU de Dijon.

Gagner un temps précieux

« Nous développons des modèles en observant le métabolisme des cellules touchées. Il sera possible de déterminer si le traitement de première ligne peut-être efficace ou si une solution alternative est à privilégier d’entrée », précise la spécialiste.

Une aide informatique de pointe, « qui n’est pas faite pour remplacer les soignants », mais pour leur faire gagner un temps précieux dans la lutte contre la propagation de la maladie.

Quand cette technologie pourra-t-elle arriver dans les services de cancérologie ? « Il faudra encore plusieurs années de recherche, répond Fanny Orlhac. Il faut réunir beaucoup de données pour affiner la technique de prédiction. Mais quand celle-ci sera au point, d’autres cancers pourront être ciblés, comme celui du poumon ou encore le gliome. »