Mascot, le robot-franco-allemand, a bien atterri sur l’astéroïde Ryugu

ESPACE Le petit robot, largué ce mercredi par la sonde japonaise Hayabusa2, doit fournir de précieuses données sur la naissance du système solaire…

20 Minutes avec AFP

— 

Image d'illustration de deux rovers Minerva sur la surface de l'astéroïde Ryugu.
Image d'illustration de deux rovers Minerva sur la surface de l'astéroïde Ryugu. — JIJI PRESS / AFP

« Je viens d’atterrir sur Ryugu », peut-on lire sur son compte Twitter. Mascot a bien atterri sur la surface de l’astéroïde Ryugu dans la nuit de mardi à ce mercredi. Largué sur la zone par la sonde japonaise Hayabusa2, le petit robot doit recueillir de précieuses données sur la naissance du système solaire.

Top départ pour une mission éclair. Mobile Asteroid Surface Scout (Mascot, pour les intimes), de la taille d’une boîte à chaussures de 10 kg, a une durée de vie de 12 à 16 heures. A l’issue de sa mission, Mascot doit rejoindre deux micro-robots japonais Minerva. Déjà arrivés sur les lieux il y a une dizaine de jours, ils sont à l’origine des premières photos de cet astéroïde très ancien qui date de la formation du système solaire.

Une aventure à 300 millions de kilomètres

Mascot a même reçu les encouragements de son illustre prédécesseur Philae, qui lui a envoyé sur Twitter « Bonne chance, mon pote ».

« Après vérification des données envoyées par Hayabusa2, nous pouvons confirmer que Mascot s’est séparé de la sonde comme prévu », a annoncé l’Agence spatiale nippone Jaxa sur Twitter. Plus tard dans la journée, elle a annoncé l'atterrissage réussi du petit robot.

Mascot a été conçu par le Centre national d’études spatiales (Cnes) français et son homologue allemand DLR. Il s’agit du premier succès mondial pour ce type de mission, après une précédente tentative japonaise ratée en 2005, selon la Jaxa. L’aventure a débuté le 3 décembre 2014 pour la sonde Hayabusa2, partie pour un long périple de 3,2 milliards de kilomètres. Il lui a fallu exactement trois ans et dix mois pour parvenir à destination : en juin dernier, elle s’est finalement stabilisée à 20 kilomètres de l’astéroïde Ryugu, lui-même à 300 millions de kilomètres de notre planète. Mais pour larguer Mascot ce mercredi, Hayabusa2 s’est rapprochée jusqu’à 51 mètres seulement, éjectant l’engin à 01h57 exactement.

Des échantillons de poussière

Après une chute d’une dizaine de minutes, il devait se poser sur le sol très accidenté de l’astéroïde après plusieurs rebonds. Une fois bien positionné, il devrait peu se déplacer pour économiser ses batteries à la différence des robots Minerva deuxième génération qui se déplacent en effectuant des sauts de 15 mètres à l’horizontale. Mascot est doté de quatre instruments, dont un microscope infrarouge hyperspectral développé par l’Institut français d’astrophysique spatiale qui doit permettre d’analyser la composition minéralogique du sol.

Le robot va servir d'« éclaireur », transmettant pendant sa courte vie des données à Hayabusa-2 pour l’aider dans sa principale tâche prévue plus tard dans le mois : jeter violemment sur Ryugu un projectile pour provoquer un choc en surface et collecter les poussières ainsi créées. Ces échantillons seront ensuite rapportés sur Terre fin 2020.