VIDEO. Ariane 5: Lancement réussi pour le 100e vol de la fusée européenne

ESPACE Mis en service en 1996, le lanceur lourd européen devrait encore effectuer une vingtaine de voyages avant de laisser la place à Ariane 6...

M.C. avec AFP

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Ariane 5 pour son 100e lancement, à Kourou (Guyane) le 25 septembre 2018.
Ariane 5 pour son 100e lancement, à Kourou (Guyane) le 25 septembre 2018. — jody amiet / AFP

Décollage réussi pour cette 100e en 22 ans. Le lanceur lourd européen Ariane 5, d’une masse de 780 tonnes au décollage, a placé sur orbite deux satellites de télécommunications.

Le lanceur s’est arraché pour la 100e fois du sol guyanais mardi à 19H38 locales à la fin de la fenêtre de tir depuis le centre spatial de Kourou. Il s’est élevé verticalement durant environ 13 secondes, traversant la nuit guyanaise avant de s’orienter vers l’Est. La fusée devait initialement partir à 18h53 locales (21H53 GMT) mais un signal rouge avait interrompu la chronologie 1 mn et 34 s avant la fin du décompte. La chronologie avait ensuite repris à H-7 minutes.

Un peu plus de 28 minutes après son décollage, la fusée s’est séparée du satellite Horizons 3e qui complètera le réseau d’Intelsat et permettra la fourniture de services haut débit de nouvelle génération dans la région Asie-Pacifique ainsi qu’une couverture plus large de l’océan Pacifique. La mise en orbite du satellite Azerspace-2/Intelsat 38 a été effectuée 42 minutes après le décollage d’Ariane.

Place à Ariane 6, moins coûteuse

En service depuis 1996, Ariane 5 est auréolée depuis plusieurs années d’une réputation de fiabilité. Mais l’heure de la retraite approche. Trop coûteuse à produire, pas assez polyvalente, elle va devoir céder peu à peu la place, entre 2020 et 2023, à sa remplaçante Ariane 6, plus adaptée au paysage spatial mouvant et très concurrentiel de ce début de siècle.

Jusqu’à présent, Ariane 5 a réussi parfaitement 94 lancements sur 99. Il y a eu deux vrais échecs, deux échecs partiels et en janvier 2018, la fusée a placé sur une orbite dégradée deux satellites mais ceux-ci sont parvenus ensuite à rejoindre l’orbite visée.

Des débuts difficiles

Succédant à Ariane 4, moins puissante, Ariane 5 a connu des débuts difficiles. Lors du vol inaugural en 1996, la fusée explose peu après le décollage. Nouvel échec cuisant en 2002 pour le vol inaugural de la version lourde ECA. « Le moteur n’a pas tenu le choc et la fusée est retombée dans l’océan », raconte à l’AFP Hervé Gilibert, actuel directeur technique d’ArianeGroup, la co-entreprise Airbus-Safran créée en 2014 pour développer Ariane 6. « Nous avons mis trois ans pour redresser la barre », se souvient cet ingénieur qui venait alors de prendre les commandes du programme.

La fusée européenne a alors vécu un âge d’or, car pendant des années les lanceurs américains, avec la navette spatiale et l’Atlas, se sont concentrés sur le marché institutionnel domestique.

La concurrence de SpaceX

La création de la société SpaceX d’Elon Musk, menant de front lancements institutionnels et lancements commerciaux avec son Falcon 9, a bouleversé le paysage. L’Europe spatiale a réagi en décidant de construire un lanceur plus compétitif pour résister à l’arrivée sur le marché commercial des lanceurs américains. Le coût de production d’Ariane 6 sera 40 % moins élevé que celui d’Ariane 5. Le vol inuagural de la future fusée européenne est prévu en 2020.

En attendant, SpaceX a détrôné Arianespace en nombre de lancements en 2017 et l’écart s’est creusé en 2018. « Nous devons faire face à une concurrence d’une intensité sans précédent », reconnaît le patron d’Arianespace, Stéphane israël.

D’ici sa retraite définitive en 2023, Ariane 5 devrait être lancée un peu moins d’une vingtaine de fois. « Je pense qu’elle devrait battre d’une courte tête Ariane 4 », qui a connu 116 lancements, indique-t-il.