VIDEO. Espace: RemoveDEBRIS, l'éboueur spatial, s'entraîne au grand coup de balai

MR PROPRE Avec son filet et son harpon, le satellite RemoveDEBRIS s’exerce à capturer les déchets spatiaux dont la multiplication pose problème…

Helene Menal

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RemoveDEBRIS déploie une cible pour simuler un déchet spatial.
RemoveDEBRIS déploie une cible pour simuler un déchet spatial. — SSTL
  • Le satellite RemoveDEBRIS s’entraîne à passer l’aspirateur dans l’espace.
  • Il vient de capturer son premier - faux - débris spatial grâce à un filet mis au point par Airbus.
  • Plus de 23.000 déchets spatiaux de toutes tailles errent autour de la Terre.

Un harpon et un filet pour ramasser les déchets, la technique paraît plutôt rudimentaire. Mais quand le nettoyage a lieu en orbite, à 700 kilomètres de la Terre, il devient une prouesse technologique. RemoveDEBRIS, un petit satellite, a utilisé pour la première fois le 16 septembre son filet géant pour capturer une cible (qu’il avait lui-même déployée) simulant un débris spatial.

Il s’agit de la première capture du nettoyeur de l’espace et de la première vraie tentative d’apporter une solution à la véritable décharge spatiale qui s’amoncelle autour de la planète : il y aurait 23.000 débris de toutes tailles dans l’orbite basse de la Terre, soit près de 7.000 tonnes de déchets spatiaux à la dérive. Ils peuvent représenter un danger pour les satellites opérationnels ou la Station spatiale internationale (ISS).

Une grande voile pour s’autodétruire

La mission RemoveDEBRIS, cofinancée par la Commission européenne, est pilotée par le centre spatial de l’université de Surrey (en Angleterre). Le satellite, qui a été mis en orbite en juin 2018 depuis l’ISS, embarque trois technologies mises au point par Airbus Defence and Space. Le filet va continuer à être testé avant le harpon. Il y a aussi un système de navigation optique permettant « de développer des techniques de rendez-vous en orbite avec les débris spatiaux ».

Enfin, l’éboueur de l’espace testera une grande « voile de traînée » qui pourrait permettre aux satellites de se désorbiter, puis de se désintégrer à leur rentrée dans l’atmosphère, une fois leur mission terminée. Ils s’autodétruiraient plutôt que d’entamer une longue errance polluante.

La prochaine opération test de nettoyage est prévue pour février 2019.